Un «Irak sûr, stable et démocratique», c'est possible

ETATS-UNIS David Petraeus, le commandant en chef des forces alliées en Irak...

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Le commandant en chef des forces alliées en Irak, David Petraeus (à gauche) et l'ambassadeur américain en Irak, Ryan Crocker, entendus par le Congrès le 10 septembre 2007
Le commandant en chef des forces alliées en Irak, David Petraeus (à gauche) et l'ambassadeur américain en Irak, Ryan Crocker, entendus par le Congrès le 10 septembre 2007 — Reuters/Jason Reed

La guerre en Irak s'enlise et l'audition du général David Petraeus prend l'eau. Le discours du commandant en chef des forces alliées en Irak, entendu lundi par la commission des forces armées à la Chambre des Représentants, a mal commencé: micro en panne, texte de la déclaration liminaire pas distribué, manifestants antiguerre qui essaient de s’infiltrer dans la salle où doit se dérouler la session...

.../... Les temps forts à suivre sur 20minutes.

Le début de l’audience, décisive pour la suite de la guerre en Irak, a débuté peu après 18h30 (à Paris), avec des déclarations des membres de cette commission.

«L'envoi de renforts militaires en Irak a peut-être créé des succès tactiques. Mais stratégiquement, il a échoué», a déclaré
le président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre, Tom Lantos, évoquant le peu de progrès politiques réalisés par les responsables irakiens. «D'après ce que nous voyons, le temps qui leur a été accordé a été tout simplement gaspillé», a-t-il ajouté, alors que David Petraeus et l'ambassadeur américain en Irak Ryan Crocker, également auditionné, se montraient figés à l'énoncé des critiques.

Vers 19h30, après une pause, le général Petraeus a au contraire assuré que «les objectifs militaires des renforts envoyés en Irak avaient été en grande partie atteints.» Et de recommander, comme prévu, une première réduction d'environ 4.000 hommes d'Irak dès le mois de décembre.

«Nous serons en mesure de réduire nos effectifs, en termes de brigades de combat, à leur niveau d'avant l'envoi de troupes supplémentaires d'ici à l'été prochain sans remettre en cause les gains sécuritaires que nous avons eu tant de mal à obtenir». Les Etats-Unis comptaient quelque 130.000 militaires en Irak avant l'envoi de renforts qui ont mis les effectifs aujourd'hui à quelque 168.000 militaires.

Le général devrait toutefois réclamer un délai de six mois avant de trancher sur une nette réduction des troupes américaines. Un retrait américain prématuré d'Irak serait «catastrophique», a-t-il déclaré.

En cause, notamment, le rôle de l'Iran qui «mène une guerre contre l'Etat irakien et les forces de la Coalition par milices chiites interposées». La fin de l'audition de David Petraeus a été de nouveau perturbée par une douzaine de militants du groupe pacifiste Code Pink, qui ont crié «Dites la vérité, général!».

Un peu après 20h
, c'est au tour de
l'ambassadeur américain en Irak, Ryan Crocker, de prendre la parole. Selon lui, les Etats-Unis «peuvent atteindre leurs objectifs» en Irak. D'après le «Washington Post», l'audition de Ryan Crocker est au moins aussi importante que celle de David Petraeus concernant l'avenir du conflit en Irak.

«Il est possible de parvenir à un Irak sûr, stable, démocratique et en paix avec ses voisins», a assuré l'ambassadeur américain. «Cela n'ira pas vite. Ce sera irrégulier, ponctué de reculs ainsi que de succès, et cela nécessitera un réel engagement des Etats-Unis».

A l'instar de Petraeus, Ryan Crocker pointe du doigt le rôle néfaste de l'Iran : un retrait des troupes américaines en Irak en ferait le grand gagnant, en lui donnant accès aux ressources et à une partie du territoire irakien.

«Un Irak tombé dans le chaos ou la guerre civile (...) inciterait les Etats voisins à intervenir, tous voyant leur avenir fondamentalement lié à celui de l'Irak», a ajouté le représentant américain. «L'évolution actuelle est difficile», a-t-il reconnu, avant d'estimer que «les alternatives sont bien pires».