Maddie: Royaume-Uni et Portugal jouent gros

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La mère de la petite Madeleine McCann, entendue jeudi pendant onze heures par la police portugaise, va être mise en examen vendredi matin dans le cadre de l'enquête sur la disparition de sa fille, en mai au Portugal, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la famille.
La mère de la petite Madeleine McCann, entendue jeudi pendant onze heures par la police portugaise, va être mise en examen vendredi matin dans le cadre de l'enquête sur la disparition de sa fille, en mai au Portugal, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la famille. — Francisco Leong AFP

Accusés par la police portugaise d’un côté, soutenus par les médias britanniques de l’autre, les époux McCann sont au centre de toutes les attentions. Leur culpabilité, présumée ou niée, est devenue un enjeu entre le Royaume-Uni et le Portugal. Car chaque pays joue sa crédibilité dans cette affaire.

Méfiance

Régulièrement critiqués depuis le début de l'affaire dans les medias britanniques pour leur supposée incompétence, les enquêteurs portugais ont été directement mis en cause dimanche par Kate McCann, les accusant de vouloir se trouver un coupable coûte que coûte. «La police portugaise n'a plus assez d'argent pour cette enquête et ils veulent en finir», a-t-elle affirmé au «Sunday Mirror». Son mari, Gerry, a quant à lui évoqué le «cauchemar» d'être soupçonné «dans un système que l'on ne connaît pas et dans lequel on n'a pas vraiment confiance».

Une méfiance qui trouve un large écho dans les médias britanniques. Mi-juin, la police judiciaire avait publiquement regretté que la chambre dans laquelle dormait la petite Maddie la nuit de sa disparition ait été souillée par les nombreuses allées et venues de proches qui la recherchaient. Une déclaration interprétée dans les médias britanniques comme la preuve de l'incapacité des policiers portugais à préserver la scène du crime.

En août, après la découverte par des chiens venus de Grande-Bretagne de traces de sang invisibles à l'oeil nu dans la chambre de l'enfant, la PJ avait informé les parents de Madeleine que l'enquête repartait de zéro. Là encore, le clan McCann, soutenu par la presse populaire britannique, avait crié au scandale, protestant contre le retard pris dans l'enquête.

Riposte portugaise

Ce sont ces traces, ainsi que d'autres indices retrouvés dans la voiture des McCann, et analysés par le laboratoire médico-légal de Birmingham (centre de l'Angleterre), qui ont mené à la mise en examen des parents de Madeleine. Selon Alan Baker, expert médico-légal à la société Bericon, interrogé par Press Association, ce laboratoire est «le leader mondial pour ce genre de travail». Mais, insiste-t-il, la qualité des prélèvements effectués est essentielle. «Si la scène du crime se trouvait en Grande-Bretagne, alors je serais à 100% sûr de l'intégrité des échantillons, mais s'ils ont été prélevés par des gens mal formés, alors on peut se poser toutes sortes de questions», estime-t-il.

Dimanche, «Correio da Manha», premier tirage de la presse portugaise, dénonçait dans un éditorial virulent les accusations formulées outre-Manche contre le travail des enquêteurs. «La vérité est qu'ils cherchent à vendre à tout prix l'innocence des McCann. Et alors remontent à la surface la rage et le racisme sans un minimum de pudeur», écrivait le journal qui, comme la quasi-totalité des titres portugais, est monté au créneau ces derniers jours pour défendre l'honneur de la police nationale.

Un peu en retrait dans cette affaire, le quotidien «Publico» publiait ce week-end une mise en garde de son éditorialiste Nuno Fonseca. Dans cette affaire, «la police portugaise risque de façon irréversible sa crédibilité: ou elle a des preuves de ce qu'elle laisse entendre et démontre l'hypothèse que tous voudraient voir comme invraisemblable. Ou elle avance en partie dans l'obscurité et ruine son image, non seulement aux yeux du pays mais aussi au yeux du monde.»

Alors que le couple McCann est rentré au Royaume-Uni dimanche, «épuisés» selon le «Guardian» la police portugaise s'apprête à remettre son rapport d'enquête au ministère public, lundi soir ou mardi.