Le kamikaze de l’attentat suicide en Algérie n’avait que 15 ans

KABYLIE Nabil Belkacemi était un collégien qui s’apprêtait à passer son brevet...

C. F.

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Nabil Belkacemi, kamikaze algérien âgé de 15 ans
Nabil Belkacemi, kamikaze algérien âgé de 15 ans — DR

Kamikaze à 15 ans. Derrière l’attentat-suicide qui a fait 30 morts et 47 blessés samedi en Kabilye (Algérie), se cachait un collégien sérieux et discret. C’est ce que révèle lundi le quotidien «Al Watan».

Large sourire

Nabil Belkacemi s'était donné pour nom de guerre Abou Moussaab al-Zarqaoui, un dirigeant d’Al Qaida tué par l'armée américaine en Irak. Dans un communiqué d’Al-Qaida au Maghreb (ex-GSPC) revendiquant les attentats de Batna (Aurès, est), jeudi, et de Dellys (Kabylie, est), samedi, Nabil apparaît avec un large sourire, portant une tenue militaire, la tête entourée d’un turban et entre les mains une kalachnikov.

Selon le quotidien, Nabil s’apprêtait à passer son brevet d’enseignement moyen (BEM) au collège de Bourouba, à Bachdjarah (est d’Alger). Dans sa famille et son quartier, c’est la contesternation. «Nabil est mon petit-fils préféré. C’est un enfant des plus respectueux et des plus calmes. Je l’ai vu grandir et jamais je n’aurais pensé un jour qu’il pouvait faire du mal à quelqu’un», déclare en pleurs sa grand-mère.

L’adolescent s’était mis à fréquenter assidûment la mosquée d’Apreuval, à Kouba, sans jamais manquer l’école. Jusqu’au jour où il a passé la nuit à la mosquée, avant de disparaître. «Il m’a appelé sur un téléphone portable pour me dire de ne pas m’inquiéter et qu’il allait rentrer. C’était dix jours avant le BEM», raconte en pleurs sa mère. « Il m’a dit : ‘‘Maman j’ai peur. Je ne sais pas où je suis. J’ai envie de m’enfuir mais j’ai peur qu’ils vous tuent. Ils m’ont averti que si jamais je leur échappais, ils s’en prendront à vous. Mais ne t’inquiètes pas, je trouverai l’occasion de fuir.’’ (...) Je sais qu’on l’a obligé à aller dans ce fourgon maudit pour tuer autant de marins. Je sais qu’il a voulu s’échapper et le chauffeur l’a retenu de force. Ce n’est qu’un gosse.»

Jeunes recrues du maquis

Les premiers témoignages recueillis par l'AFP faisaient état d'un seul kamikaze conduisant une fourgonnette bourrée d'explosifs, qui a défoncé une porte à l'arrière de la caserne des garde-côtes de la marine algérienne à Dellys.

Selon des experts algériens de l'antiterrorisme, le groupe d'Al Qaida au Maghreb aurait constitué une brigade de kamikazes parmi les jeunes recrues du maquis, dont le fils d'Ali Belhadj, ancien numéro deux du Front islamique du salut (FIS, dissous), Abdel Qahar Belhadj, âgé de 20 ans.