Le discours trop attendu de Petraeus sur l’Irak

REVUE DE PRESSE Les journaux américains relativisent la portée du témoignage du général devant le Congrès...

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Le général David Petraeus, commandant de la force multinationale en Irak, et l'ambassadeur des Etats-Unis à Bagdad, Ryan Crocker, désignés par le président George W. Bush pour évaluer la nouvelle stratégie visant à mettre fin aux violences confessionnelles, rendront compte de la situation le 11 ou 12 septembre devant le Congrès.
Le général David Petraeus, commandant de la force multinationale en Irak, et l'ambassadeur des Etats-Unis à Bagdad, Ryan Crocker, désignés par le président George W. Bush pour évaluer la nouvelle stratégie visant à mettre fin aux violences confessionnelles, rendront compte de la situation le 11 ou 12 septembre devant le Congrès. — Sabah Arar AFP/Archives

Sans surprise. Le témoignage très attendu du général Petraeus devant le Congrès américain lundi et mardi ne suscite guère la curiosité des médias américains, qui relaient pourtant largement l'information. Il faut dire que le commandant de la force multinationale en Irak a déjà dévoilé une partie de ses recommandations dans la presse. Il devrait annoncer la baisse de 75% des violences confessionnelles depuis l'envoi supplémentaire de 30.000 soldats en janvier dernier et se prononcer en faveur du départ d'environ 4.000 hommes début 2008. Une pirouette qui permet d’apaiser le Congrès et les 60% d'Américains qui réclament un retrait, tout en affirmant qu’un départ trop rapide des troupes américaines aurait des conséquences catastrophiques.

L'ambassadeur versus le militaire

Pour le «Christian Science Monitor», la question n’est pas tant de savoir si le retrait des troupes doit être plus ou moins rapide mais plutôt si les Irakiens ont mis à profit ces quelques mois d’action intensifiée de l’armée américaine pour avancer sur le plan politique et mettre fin aux violences interconfessionnelles.

Le «Washington Post», lui, met un coup de projecteur sur l’acolyte de Petraeus, qui vient également témoigner devant le Congrès : l'ambassadeur des Etats-Unis en Irak, Ryan Crocker. Selon le quotidien, c’est davantage de lui que viendra une vision à long terme de la stratégie à mener en Irak, basée sur du temps et de la patience et non des statistiques militaires.

CNN ne doute pas de son côté que les deux hommes vont tout de même être cuisinés par les commissions réunies des Forces armées et des Affaires étrangères de la Chambre des représentants. Sur fond de campagne électorale pour les élections de 2008, nombreux élus démocrates exigeant que les troupes commencent à se retirer d'un conflit qui a tué plus de 3.700 soldats américains, ainsi que des dizaines de milliers d'Irakiens, et englouti des centaines de milliards de dollars.

«Stabilité» et non «victoire»

Faute de majorité assez confortable, ils restent toutefois suspendus aux décisions de George Bush, qui doit remettre un rapport au Congrès sur la situation en Irak et s'adresser aux Américains avant la fin de la semaine. Selon le «New York Times», en tout cas, plus personne n’est dupe de l’issue du conflit, à commencer par le président américain lui-même. Au mot «victoire», employé deux ans plus tôt lors de son discours devant le Congrès, s’est substitué celui de «stabilité».

Catherine Fournier


Direct Suivez dès 18h30 les auditions du général David Petraeus, commandant en chef des forces américaines en Irak et Ryan Ryan Crocker, ambassadeur des Etats-Unis en Irak, devant le congrès américain sur la chaîne Plublic Sénat.