L'un des mausolées restaurés à Tombouctou, le 18 juillet 2015.
L'un des mausolées restaurés à Tombouctou, le 18 juillet 2015. — Baba Ahmed/AP/SIPA

JUSTICE

Destructions de Tombouctou: Un djihadiste malien accusé de «crime de guerre» par la CPI

Ahmad Al Faqi al Mahdi avait dirigé la destruction des mausolées protégés par l'Unesco en 2012...

« Nous devons agir face à la destruction et la mutilation de notre héritage commun », a affirmé, ce mardi, Fatou Bensouda, procureure de la Cour pénale internationale (CPI) à l’ouverture de l’audience dite de « confirmation des charges » concernant le Touareg Ahmad Al Faqi al Mahdi.

La procureure a ainsi accusé ce djihadiste malien présumé lié à al-Qaida de « crimes de guerre » pour avoir dirigé la destruction de neuf mausolées (restaurés depuis) et l’une des plus importantes mosquées de Tombouctou (Mali), entre le 30 juin et le 10 juillet 2012. Une destruction qui a constitué « une attaque contre une population entière et contre son identité culturelle ».

 

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Ahmad Al Faqi al Mahdi est le premier djihadiste écroué par la CPI

Durant cette audience qui sert à déterminer si les preuves de la procureure sont suffisantes pour mener à un procès, Jean-Louis Gilissen, avocat de la défense a, lui, assuré que son client suspect était un homme « intelligent et raisonnable, un intellectuel instruit soucieux du bien collectif ».

Ahmad Al Faqi al Mahdi est le premier djihadiste écroué par la CPI. Selon l’accusation, il a été l’un des chefs d’Ansar Dine (responsable de la destruction de 14 mausolées au total), un groupe islamiste malien radical associé à al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi). Il est également le premier suspect arrêté dans l’enquête de la Cour sur les violences de 2012-2013 au Mali et le premier poursuivi par la CPI pour « destructions d’édifices religieux et monuments historiques ».

 

 

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« Un tel crime ne peut rester impuni »

« C’est la première fois que mon bureau retient un tel chef d’accusation portant sur la destruction de biens et bâtiments religieux et culturels », a affirmé la procureure, invitant les juges à saisir cette chance de « lutter contre ce fléau qui est souvent le prélude aux pires exactions contre les populations ».

« La conscience collective de l’Humanité a été choquée par la destruction de ces sites », a ajouté Fatou Bensouda, « un tel crime ne peut rester impuni ».