VIDEO. Election américaine: Comment Donald Trump est devenu présidentiable

ETATS-UNIS Le candidat républicain dans la course à la présidence des Etats-Unis a modéré son discours après ses victoires lors du Super Tuesday, mardi soir...

Philippe Berry

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Donald Trump remercie ses supporteurs après avoir remporté sept Etats sur onze lors du Super Tuesday, le 1er mars 2016.
Donald Trump remercie ses supporteurs après avoir remporté sept Etats sur onze lors du Super Tuesday, le 1er mars 2016. — J.MOORE/GETTY/AFP

Pas de dérapage majeur. Pas de grosse boulette. Pas de vocifération. Une demi-heure de réponses plutôt cohérentes aux questions des journalistes. C’est un visage de Donald Trump qu’on n’avait encore jamais vu. Mais mardi soir, après ses sept victoires lors du Super Tuesday, le candidat a clairement recentré son discours, les yeux braqués sur l’élection générale face à Hillary Clinton. Et selon la journaliste de Fox News, Megyn Kelly, pourtant son ennemie jurée, Donald Trump avait, pour la première fois, « l’air présidentiable ». La tournure a été reprise par le journaliste Brian Williams, sur la chaîne MSNBC.

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Sur la forme

C’est donc à ça que ressemble Donald Trump quand il ne hurle pas. Certes, il a toujours ses cheveux jaune poussin et son bronzage orange. Mais calme et posé, il a repris ses points habituels, parfois avec humour. « Ça va sans doute surprendre pas mal de monde, mais je veux unifier le pays et le parti », a-t-il notamment lancé.

Surtout, il n’a pas simplement fait un discours pour fêter sa victoire mais il a répondu aux questions des journalistes pendant une petite demi-heure – un exercice que Sarah Palin, à son époque, avait toujours évité. Bref, ça ressemblait à une conférence de presse en mode « Moi, président », avec le modéré Chris Christie, à ses côtés, comme potentiel colistier.

Sur le fond

C’est sans doute le plus grand changement. Jusqu’à présent, Trump se posait comme la voix de la colère. Mardi, il a concentré son message sur la middle class. « Nous allons baisser les impôts pour la classe moyenne de manière significative car elle a été oubliée dans ce pays ». « Le pouvoir d’achat n’a pas augmenté depuis 12 ans, et où était Hillary Clinton ? Aux côtés de Barack Obama », accuse-t-il. Sur des dossiers polémiques comme l’immigration, il veut toujours « un mur, grand et beau » mais il se dit désormais ouvert à des « négociations » basées « sur le bon sens ». On est loin de ses sorties sur les Mexicains « violeurs ».

Enfin, si Marco Rubio et Ted Cruz l’attaquent en permanence sur son « éligibilité », estimant qu’il n’a aucune chance contre Clinton, Trump riposte avec des chiffres : « Nous avons élargi la base du parti républicain, la participation en Virginie a doublé, à 800.000 électeurs. » Il donne aussi en exemple sa victoire écrasante – avec près de 50 % des voix – dans le Massachusetts, un Etat pourtant modéré. Peut-il transposer ces succès en novembre ? C’est son défi numéro un : selon une étude de l’institut Gallup, 85 % des démocrates et 66 % des indépendants « ont une image négative » de Donald Trump. Il a six mois pour les faire changer d’avis.