VIDEO. USA 2016: Les gagnants et les perdants du Super Tuesday

ELECTIONS Engagés dans la course à la présidence des Etats-Unis, Donald Trump et Hillary Clinton ont gagné gros mardi, Bernie Sanders et Marco Rubio se retrouvent en position difficile...

Philippe Berry

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Photomontage des candidats Marco Rubio, Ted Cruz, Bernie Sanders, Donald Trump et Hillary Clinton.
Photomontage des candidats Marco Rubio, Ted Cruz, Bernie Sanders, Donald Trump et Hillary Clinton. — AFP
  • Donald Trump et Hillary Clinton ont chacun remporté 7 Etats sur 11 en jeu
  • Ted Cruz émerge comme le deuxième homme, avec 2 (et peut-être 3) victoires
  • Du côté de la course aux délégués, Clinton approche de la barre des 50 % nécessaires et Trump des 25 %.

C’était le Super Bowl de la politique US. Ce mardi, onze Etats votaient en même temps lors du Super Tuesday. Comme prévu, Donald Trump et Hillary Clinton ont largement dominé. Et même s’ils n’ont pas encore complètement plié l’affaire, ils sont plus que jamais les favoris pour remporter l’investiture de leur parti.

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1. Les gagnants

Donald Trump. C’était un « Super Trumpday ». Le candidat milliardaire a remporté sept Etats sur onze en jeu : Georgie, Alabama, Massachusetts, Tennessee, Virginie, Arkansas, Vermont. Sa plus belle victoire du soir est dans le Massachusetts, un Etat qui compte de nombreux indépendants, où il flirte avec les 50 %. Et partout, la participation explose, comme en Virginie, où elle a été multipliée par quatre par rapport à 2012.

Dans son discours, tenu depuis la Floride, il a promis « d’unifier le parti et le pays ». Plus modéré et plus calme, il a répondu aux questions de la presse, estimant que certaines de ses propositions étaient « négociables » en faisant preuve « de bon sens et de pragmatisme ». Du côté des délégués, Trump devrait terminer à 275, soit environ un quart du total dont il a besoin pour remporter l’investiture. Tout n’est pas encore joué.

Hillary Clinton. Sur le papier, ses sept victoires (Georgie, Virginie, Tennessee, Alabama, Arkansas, Texas, Massachusetts), contre quatre à Sanders, ne ressemblent pas à une domination absolue. Mais dans le Sud, elle a gagné avec des marges importantes grâce au soutien de l’électorat noir, dont elle a remporté entre 80 et 90 % des voix.

Du coup, dans la course aux délégués, elle creuse l’écart, à environ 550 contre 350 à Sanders. Surtout, avec l’aide des « Super délégués », ces cadres du parti qui la soutiennent à une majorité écrasante, elle se trouve autour de 1.000 contre 370 à Sanders. Elle a donc fait presque la moitié du chemin, alors qu’il faut un peu plus de 2.000 délégués pour décrocher la nomination.

Ted Cruz. Le candidat ultraconservateur n’a, certes, remporté que deux Etats (peut-être trois avec l’Alaska). Mais il s’est imposé à domicile au Texas, riche en délégués. A environ 150, il s’impose comme le deuxième homme derrière Trump et creuse l’écart avec Marco Rubio. Il a d’ailleurs appelé le parti à s’unir derrière lui pour barrer la route à Trump, qu’il a accusé d’être « profane et vulgaire ».

2. Les perdants

Marco Rubio. Le Poulidor républicain a enfin gagné un Etat : le Minnesota. Mais d’un point de vue comptable, il a passé une sale soirée. Dans plusieurs scrutins, il n’a en effet pas atteint le seuil fatidique de 20 % nécessaire pour décrocher des délégués. Il repart donc avec un zéro pointé du Texas et de l’Alabama. Avec 80 délégués, il en possède trois fois moins que Trump et presque deux fois moins que Cruz. Il jouera sa vie dans deux semaines à la maison, en Floride, un Etat dans lequel le vainqueur rafle toute la mise… Et dont Trump est l’archi-favori.

Bernie Sanders. Le candidat socialiste a parlé très tôt, pour fêter sa victoire à la maison dans le Vermont. Il a ajouté trois Etats à sa cueillette (Colorado, Minnesota, Oklahoma). Son problème, c’est qu’il est incapable de l’emporter dans les Etats où le vote noir pèse. Il a encore beaucoup d’argent pour continuer un moment, mais à moins d’un miracle – ou de gros ennuis pour Clinton sur ses emails – renverser la vapeur sera mission quasi-impossible.

John Kasich et Ben Carson. Kasich a cru à l’exploit dans le Vermont mais il termine derrière Trump. Sans aucune victoire à son actif, il est presque fini. Mais devrait continuer jusqu’au 15 mars, misant sur une victoire à domicile dans l’Ohio. La présence de Ben Carson devient une blague (il devrait remporter 3 délégués) mais il jure que « des millions d’Américains » lui demandent de continuer. Ou pas.