«Ne touche pas à mon Algérie»

TERRORISME Plusieurs milliers d'Algériens manifestent leur soutien au président Bouteflika après les attentats qui ont fait plus de cinquante morts depuis jeudi...

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Un attentat suicide à la voiture piégée contre une caserne a fait 30 morts et 47 blessés samedi à Dellys, un petit port de Kabylie situé à 70 kilomètres à l'est d'Alger, selon un bilan du ministère de l'Intérieur. Il s'agit de l'un des attentats les plus meurtriers survenus en Algérie ces derniers mois.
Un attentat suicide à la voiture piégée contre une caserne a fait 30 morts et 47 blessés samedi à Dellys, un petit port de Kabylie situé à 70 kilomètres à l'est d'Alger, selon un bilan du ministère de l'Intérieur. Il s'agit de l'un des attentats les plus meurtriers survenus en Algérie ces derniers mois. — str AFP

«Les terroristes ne sont pas des musulmans!» ou «Les Algériens rejettent le terrorisme et soutiennent le président Abdelaziz Bouteflika». Des dizaines de milliers d'Algériens selon l’AFP, dont 5.000 à Alger selon Reuters, se sont rassemblés dimanche dans les grandes villes du pays pour dénoncer le terrorisme, après deux attentats suicide à Batna (Aurès) et Dellys (Kabylie), qui ont fait plus de cinquante morts.

Les manifestations se déroulent à l'appel de partis politiques, d'organisations syndicales et d'associations de la société civile, avec notamment pour mots d'ordre: «Non au terrorisme, halte à l'instabilité, ne touche pas à mon Algérie». Les organisateurs veulent appuyer la politique de réconciliation nationale mise en œuvre par le président Bouteflika, accordant le «pardon» et une grâce aux islamistes repentis qui rendent les armes.

L'attentat de jeudi visait le cortège présidentiel à Batna et celui de samedi une caserne des garde-côtes à Dellys. Le premier a fait 22 morts et le second 32 morts. Ces deux actions ont été revendiquées par la Branche d'Al-Qaïda au Maghreb (ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat - GSPC), affilié à la nébuleuse terroriste d'Oussama ben Laden.

Ils marquent une extension des attaques suicide depuis celles du 11 avril contre le palais du gouvernement à Alger et un commissariat de la banlieue est de la capitale, faisant 30 morts et plus de 200 blessés. Cette opération avait été suivie le 11 juillet par une autre attaque suicide contre une caserne à Lakhdaria, qui avait fait dix morts et 35 blessés.

Dans un communiqué, l'organisation assure que le président Bouteflika devait être la cible de l'attentat de Batna, mais que le kamikaze a été obligé d'actionner ses explosifs prématurément après avoir été découvert, peu avant l'arrivée du chef de l'Etat dans la ville.