VIDEO. Brexit: Pourquoi l'engagement anti-UE de Boris Johnson est un coup dur pour David Cameron

MONDE La défection du maire de Londres Boris Johnson est un coup dur pour le Premier ministre britannique David Cameron, qui fait campagne pour le «oui» au référendum du 23 juin sur le maintien de la Grande-Bretagne dans l’UE…

Anne-Laetitia Beraud
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Le maire de Londres Boris Johnson devant son domicile, le 21 février 2016.
Le maire de Londres Boris Johnson devant son domicile, le 21 février 2016. — SIPANY/SIPA

La campagne pour le maintien de la Grande-Bretagne dans l’Union européenne s’annonce âpre. Le Premier ministre David Cameron, qui fait campagne pour le « oui » au référendum du 23 juin, a échoué à rallier le maire de Londres Boris Johnson, alias « Bo-Jo ». Une défection qui tombe mal, alors que le chef du gouvernement présente ce lundi au parlement l’accord pro-UE arraché vendredi aux partenaires européens.

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  •  Un maire de Londres populaire
     

Après la défection de cinq ministres, l’annonce du charismatique maire de Londres Boris Johnson met en difficulté David Cameron. « Boris Johnson est un poids lourd au sein du camp conservateur qui est divisé. Par ailleurs, il peut incarner une forme de leadership pour mener la campagne pro-Brexit », commente Thierry Chopin, directeur des études de la Fondation Robert Schuman.



Elu en 2008 à la mairie de Londres, Boris Johnson est l’une des personnalités les plus populaires outre-manche. Tignasse toujours ébouriffée, bon client des médias, Boris Johnson est aussi un tacticien qui a réussi à s’imposer dans le camp conservateur. Sa défection représente ainsi un « coup dur » pour un David Cameron en quête de soutiens, souligne le professeur en sciences politiques.

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  •  Un homme aux grandes ambitions
     

« Le Premier ministre David Cameron est en première ligne sur ce référendum. Il a pris le risque de personnaliser ce scrutin, en mettant avant sa capacité à négocier auprès de ses partenaires européens des accords avantageux. Il va avoir du mal à défendre ce qu’il a obtenu, parce que cela sera toujours jugé insuffisant par les partisans pro-Brexit », ajoute Thierry Chopin.

Et si David Cameron échouait à faire vaincre le « oui » au référendum, cela pourrait en contenter certains… tel Boris Johnson : « Le choix de Boris Johnson de rejoindre les pro-Brexit est tactique. Avec un échec de David Cameron, le maire de Londres pourrait espérer récupérer le leadership chez les conservateurs. » Et ainsi briguer le poste de Premier ministre.



  •  Une campagne sous forme de galop d’essai
     

David Cameron a désormais quatre mois pour convaincre que l’accord qu’il a négocié à Bruxelles pour renforcer le « statut spécial » du Royaume-Uni dans l’UE est justifié. L’issue du référendum semble aujourd’hui très incertaine. « Les sondages sont contradictoires, entre ceux réalisés sur Internet et ceux menés par téléphone. Il apparaît cependant une constante avec entre 20 et 30 % d’indécis, ce qui révèle des opinions très incertaines », souligne Thierry Chopin.

Mais une réussite comme un échec pourrait servir les ambitions de Boris Johnson. En effet, en cas de Brexit, David Cameron apparaîtrait décrédibilisé, ce qui permettrait à Boris Johnson de légitimer sa candidature au poste de Premier ministre. Et si les partisans du statu quo gagnent, Boris Johnson aura conquis les eurosceptiques toujours plus nombreux parmi les élus conservateurs. Pour une prochaine fois…