Human Rights Watch juge sévèrement l'action d'Israël pendant la guerre de l'été 2006

PROCHE-ORIENT Un rapport de 247 pages dénonce le «non-respect des lois de la guerre»...

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L'opération d'envergure lancée mercredi au Liban par Israël pour récupérer deux de ses soldats enlevés par le Hezbollah, est sa plus grande offensive contre ce mouvement chiite libanais depuis l'opération "Raisins de la colère", il y a dix ans.
L'opération d'envergure lancée mercredi au Liban par Israël pour récupérer deux de ses soldats enlevés par le Hezbollah, est sa plus grande offensive contre ce mouvement chiite libanais depuis l'opération "Raisins de la colère", il y a dix ans. — Menahem Kahana AFP/Archives

Après la partie libanaise, c'est au tour de la partie israélienne d'être jugée par l'association Human Rights Watch. Dans un rapport de 247 pages présenté en Israël, l'organisation internationale estime que «le nombre élevé de morts parmi les civils libanais est principalement dû au non-respect fréquent par Israël d'une obligation fondamentale des lois de la guerre: le devoir de faire la distinction entre les cibles militaires, qui peuvent être légitimement attaquées, et les civils, qui ne doivent pas être visés». «A bien des égards, Israël a mené la guerre avec une irresponsable indifférence quant au sort des civils libanais, violant les lois de la guerre».

Selon HRW, les attaques aériennes israéliennes «menées sans distinction ont causé la plupart des quelque 900 morts civils au Liban» durant la guerre entre juillet et août 2006. «Israël a agi comme si tous les civils avaient répondu à ses appels d'évacuer le Liban sud alors qu'il savait qu'ils ne l'avaient pas fait», a affirmé lors d'une conférence de presse à Jérusalem le directeur exécutif de HRW, Kenneth Roth.

Le Hezbollah responsable des «boucliers humains»?

Il réfute les allégations israéliennes imputant le nombre élevé de victimes civiles à l'utilisation des populations comme «boucliers humains» par le Hezbollah pendant la guerre. «Dans la majorité des cas, les combattants du Hezbollah ont quitté les zones peuplées au début des combats et le Hezbollah a tiré ses roquettes depuis des positions situées à l'extérieur des villages», souligne HRW.

Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Mark Regev, a aussitôt réfuté les critiques du rapport. «Nous avons fait face à un problème particulier avec le Hezbollah qui a recouru à une stratégie préméditée et délibérée qui consistait à utiliser la population civile comme bouclier humain. En agissant ainsi le Hezbollah a lui même violé un des éléments des plus importants du droit international», a-t-il réaffirmé.

Le Hezbollah n'échappe pas aux critiques
    
Un autre rapport de HRW, publié le 29 août, avait provoqué l'ire du gouvernement libanais et du Hezbollah. A tel point que l'organisation avait dû renoncer le présenter à Beyrouth alors que le «Parti de Dieu», via sa chaîne Al-Manar, avait qualifié l'ONG d' «association américaine greffée de juifs».

Dans ce rapport, HRW dénonçait les attaques à la roquette menées par le Hezbollah «de façon ciblée ou sans discrimination contre des civils et des objectifs civils» israéliens pendant le conflit.