Brexit: Tout comprendre aux négociations en 14 tweets

EUROPE Le Conseil européen dédié à la question britannique se poursuit ce vendredi. « 20 Minutes » vous résume la situation en six épisodes…

Céline Boff

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David cameron, Premier ministre britannique, et Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, lors du Conseil européen des 18 et 19 février.
David cameron, Premier ministre britannique, et Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, lors du Conseil européen des 18 et 19 février. — JOHN THYS / AFP

Alors, que se passe-t-il à Bruxelles ? Sommes-nous au bord du Brexit, comprenez de la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne ? 20 Minutes vous résume les vingt premières heures de tractations du Conseil européen.

Episode 0 : Si vous avez manqué le début

En 2013, David Cameron, le Premier ministre britannique, a promis à son peuple d’organiser un référendum sur l’adhésion de la Grande-Bretagne à l’Union européenne. Celui-ci se tiendra le 23 juin. Mais comme, en réalité, Cameron ne veut pas que son pays plaque l’UE, il essaye de négocier de nouveaux avantages avec ses partenaires européens. Ce tweet, qui met en scène un David Cameron se rendant en soirée, résume bien la situation :

En clair, ça veut dire : « Tout est nul ici : la musique craint, les bières sont chaudes, il fait trop chaud, les filles sont moches et vous ne savez pas danser… Alors, qu’est-ce que vous me proposer pour rester ? ». Oui, c’est tordu, mais c’est de la politique. Faut le comprendre, David, son objectif, c’est d’obtenir des concessions de l’UE et de présenter ces (éventuelles) avancées aux Britanniques pour leur prouver qu’il faut rester dans l’UE. Et pour que ça marche, il la joue combatif, comme le prouve ce tweet balancé en amont de l’ouverture du Conseil européen :

En français, il explique « être à Bruxelles où il s’apprête à négocier dur pour la Grande-Bretagne ». Et il veut être « très clair » : il n’acceptera pas « un compromis qui ne répond pas aux besoins » de son pays.

Episode 1 : C’est parti

Le Conseil européen a débuté comme à son habitude : par une photo de famille. Pour l’instant, tout le monde est encore là, autant en profiter... Rappelons qu’il y a peu, c’était la Grèce qui manquait de sortir. Alexis Tsipras, son Premier ministre, s’en souvient très bien et la joue solidaire avec David Cameron : « Nous devons tous rester unis », affirme-t-il.

Rester unis ne signifie par pour autant débattre tous ensemble – il faut dire qu'à 28, c’est compliqué. Donald Tusk, le président du Conseil européen, préfère discuter en petit comité, lors de réunions trilatérales ou bilatérales. Il a reçu très poliment David Cameron cette nuit.

Episode 2 : Mais ce n’est pas gagné

Bien sûr, Donald Tusk veut que la Grande-Bretagne reste dans l’UE. Tout comme les chefs d’Etat qui participent au sommet. Mais ces derniers doivent quand même défendre les intérêts de leurs citoyens électeurs. Ce qu’affirme haut et fort Beata Szydlo, la Première ministre polonaise, qui la joue elle aussi très ferme : « Nous voulons un bon accord mais pas à n’importe quel prix ».

Mariano Rajoy, le Premier ministre espagnol, est sur la même ligne, lorsqu’il dit que « les restrictions à la libre circulation des travailleurs dans l'UE doivent être minimes » :

En fait, ils sont tous deux (et comme bien d'autres) opposés à l’une des principales requêtes de Cameron : suspendre, pendant une durée qui pourrait aller jusqu’à quatre ans, les aides sociales britanniques aux migrants intra-européens. Ce n’est toutefois pas le seul point d'achoppement. La Belgique, partisane d’une forte intégration européenne, est aussi opposée au droit de regard que demande Cameron sur les décisions de la zone euro. Et Charles Michel, le Premier ministre belge, le fait savoir en se disant « plus que jamais déterminé à se battre pour une UE plus forte, qui conserve le Royaume-Uni et ses valeurs fondamentales ».

Et la France qu’en dit-elle ?

Oups, François Hollande n’a pas tweeté sur le sommet... Mais de source sûre, on peut vous le dire : il est sur la même ligne que la Belgique.

Episode 3 : Une nuit pour rien

Les réunions ont duré toute la nuit mais pour l’instant, les négociations n’ont rien donné comme se plaît à le rappeler The Daily Express, un média britannique eurosceptique :

Pourtant, David Cameron ne ménage pas ses efforts, comme le souligne le journaliste Jean Quatremer :

Episode 5 : Le lunch gate

Vendredi 19 février, deuxième et dernier jour du sommet. Les négociateurs devaient se retrouver pour le petit-déjeuner. Mais, sans doute épuisés par les discussions, ils ont finalement convenu de repousser la rencontre et de l’organiser autour d’un brunch, avant de la repousser encore autour d'un « english lunch », un déjeuner anglais. Certains ironisent déjà en se demandant quand sera programmé le thé.

Episode 6 : Epilogue

En fin de matinée, une source proche des négociations affirmait : « Nous pensons avoir des solutions possibles à toutes les questions qui restent en suspens, mais nous devons les tester dans un nouveau rond de négociations bilatérales ». Si vous ne parlez pas couramment le langage communautaire, ça veut dire : « Pour l'instant, nous n’arrivons à rien ». Certains l’ont bien compris et imaginent déjà le retour de Cameron au pays :

Mais finalement, c’est sans doute ce tweet qui résume le mieux la situation :

Et oui, car même si les Européens parvenaient à un accord, le référendum se tiendra toujours en juin. Ce sont donc les électeurs britannniques qui décideront. Or, d’après les sondages, plus d’un sur deux serait pour une sortie de l’UE.