Brexit: «L'heure de vérité», pour les dirigeants européens

UNION EUROPEENNE Le sommet européen doit reprendre ce vendredi matin...

20 Minutes avec AFP

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Les négociations entre l'Europe et le Royaume-Uni ont commencé ce jeudi à Bruxelles.
Les négociations entre l'Europe et le Royaume-Uni ont commencé ce jeudi à Bruxelles. — Yves Herman/AP/SIPA

Le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne ? « Pour le moment je peux seulement dire que nous avons fait certains progrès mais il reste encore beaucoup à faire », a déclaré le président du Conseil européen, Donald Tusk, dans la nuit de jeudi à vendredi, à l’issue de la première journée d’un sommet européen décisif à Bruxelles.

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De son côté, le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy s’est dit optimiste sur les chances d’un compromis avec Londres. « Je pense que les choses vont bien. J’espère que nous aurons un accord demain (vendredi) », a-t-il assuré à des journalistes.

L’heure de vérité

Les dirigeants de l’UE, chefs d’Etat et de gouvernement, sortaient alors d’un premier échange de vues sur les demandes de réformes de David Cameron, suivi d’une discussion marathon au dîner sur la crise migratoire qui déchire l’Union. Devant ses 27 partenaires, le Premier ministre britannique a réclamé un « accord crédible (…) qui soit assez fort pour persuader les Britanniques de soutenir l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne ». L’occasion se présente de régler le problème des relations entre Londres et le continent « pour une génération », a-t-il argué.

« C’est l’heure de vérité », a lancé le Premier ministre belge Charles Michel, dont le pays, partisan d’une forte intégration européenne, est un des plus réticents à accorder des concessions à Londres. « Nous voulons un bon accord mais pas à n’importe quel prix », a renchéri la Première ministre polonaise Beata Szydlo.

Tête à tête Hollande-Cameron

Aussitôt terminé le point presse, Donald Tusk et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker se sont rendus à une rencontre trilatérale avec David Cameron. Donald Tusk devait également s’entretenir ensuite en tête à tête avec le président français François Hollande, le Premier ministre belge Charles Michel et le chef du gouvernement tchèque Bohuslav Sobotka. Est également prévue une rencontre bilatérale entre François Hollande et le Premier ministre britannique.

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La France est opposée à tout veto de Londres en ce qui concerne la gouvernance économique, la réglementation des services financiers et le renforcement de la zone euro, à laquelle n’appartient pas le Royaume-Uni. Le sommet européen proprement dit reprendra vendredi à 11 heures, heure française.

Une rencontre UE-Turquie

Sur l’autre question brûlante, la crise migratoire, qui divise les 28 et auquel ils ont consacré plus de six heures de débats, les Européens exigent de la Turquie des « efforts supplémentaires, résolus » pour combattre les passeurs et endiguer les flux, selon les conclusions du sommet.

« Nous avons confirmé qu’il n’y a pas d’alternative à une bonne, intelligente et sage coopération avec la Turquie », a plaidé le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. Un sommet spécial UE-Turquie est prévu début mars.