Camp de Moria sur l'île grecque de Lesbos. Un migrant discute avec un autre, qui se trouve a l'intérieur du hotspot, le 27 octobre 2015.
Camp de Moria sur l'île grecque de Lesbos. Un migrant discute avec un autre, qui se trouve a l'intérieur du hotspot, le 27 octobre 2015. — Laurence Geai/SIPA

INTERVIEW

«Hotspots» pour les migrants en Grèce: «Ces centres sont le début d’une solidarité entre les pays européens»

Jean-François Dubost, responsable du programme des personnes déracinées à Amnesty International, revient sur les centres d'enregistrements migrants ouverts ce mardi en Grèce…

Quatre centres d’enregistrement et de sélection des migrants, des « hotspots », sont désormais opérationnels en Grèce, a annoncé mardi le ministre grec de la Défense. Ces centres ont pour but d’accueillir les migrants, les enregistrer, et distinguer les réfugiés des migrants économiques. Les premiers pourront être relocalisés dans un Etat membre de l’Union européenne, alors que les seconds doivent en principe être renvoyés dans leur pays d’origine. Jean-François Dubost, responsable du programme des personnes déracinées à Amnesty International France décrypte les défis de ce nouveau dispositif.

Comment réagissez-vous à l’annonce du caractère opérationnel des « hotspots » en Grèce ?

Ces centres s’inscrivent dans le programme européen de relocalisation des personnes identifiées comme ayant besoin d’une protection internationale. Celles-ci arrivent dans un Etat de premier accueil, avant d’être transférées vers un autre Etat où sera traitée leur demande d’asile. Ces centres sont le début d’une solidarité entre les pays européens, qui a beaucoup manqué jusqu’alors.

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Ces centres représentent-ils la solution pour gérer les migrants au sein de l’Union européenne ?

De nombreuses questions restent en suspens sur l’organisation et le fonctionnement de ces centres. Ces centres vont-ils rester fermés, ou ouverts ? Peut-il y avoir une privation de liberté dans ces centres ? Peut-il y avoir un recours à la force pour obtenir les empreintes digitales de ces personnes ? Est-on sûr que ces réfugiés obtiennent une information claire et une aide juridique, médicale et psychologique après ce qu’ils viennent d’endurer ? Quant aux personnes qui ne viennent pas de Syrie, d’Erythrée et d’Irak, que deviennent-elles ? Va-t-on les mettre en péril en les renvoyant dans leur pays ? Enormément de questions, y compris pratiques, se posent, même si le mécanisme est simple et bienvenu.

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En Sicile, Médecins sans frontières s’est retiré du « hotspot » de Pozzallo fin décembre, dénonçant des conditions d’accueil inappropriées…

Cela ne me surprend pas vraiment. Il ne faudrait pas que ces centres, qui je le rappelle peuvent être une bonne idée, ne soient finalement contre-productifs. En effet, les personnes arrivant dans ces centres en Grèce ou en Italie ont fui leur pays, ont pris des bateaux. Il leur faut du temps pour récupérer et être assistés correctement. Cela ne peut pas se faire dans n’importe quelle condition.