À quoi ressemblent les «hotspots» chargés d'enregistrer les migrants?

MEDITERRANEE La Grèce a ouvert quatre hotspots, un dispositif qui doit permettre de distinguer les réfugiés des migrants économiques et de renforcer les contrôles aux frontières de Schengen... 

Laure Cometti

— 

Une ambarcation de migrants accoste sur l'île de Lesbos le 2 janvier 2016.
Une ambarcation de migrants accoste sur l'île de Lesbos le 2 janvier 2016. — Santi Palacios/AP/SIPA

Les fameux « hotspots » exigés en septembre par l’Union européenne ont finalement vu le jour en Grèce et en Italie - les deux pays européens en première ligne de la crise migratoire. La construction de ces centres d’enregistrement et de sélection avait pris du retard au point que Bruxelles avait menacé Athènes de sanctions financières. Le ministre grec de la Défense Panos Kammenos a finalement annoncé ce mardi à la presse que quatre « hotspots » (sur les cinq prévus) étaient opérationnels.

Où se trouvent les « hotspots » grecs et italiens ?

La Grèce s’est engagée en septembre dernier à en ouvrir cinq à Lesbos, Samos, Leros, Chios et Kos. En 2015, ces îles de la mer Egée ont vu arriver 850.000 personnes depuis les côtes turques, à quelques kilomètres, et 68.000 de plus depuis le début de l’année selon l’ONU. Quatre des « hotspots » grecs sont déjà opérationnels (en rouge sur la carte) mais l’ouverture de celui de Kos a pris du retard à cause de l’opposition de la mairie et d’une partie des habitants.

 

En Italie, deux « hotspots » sont opérationnels, sur l’île de Lampedusa et à Pozzallo en Sicile. Deux autres centres sont en cours de construction (en orange sur la carte) à Trapani (en Sicile) et Taranto (dans les Pouilles). Enfin, deux autres « hotspots » siciliens devraient être prochainement créés à Augusta et Porto Empedocle (en jaune sur la carte).

Des préfabriqués et des tentes

Construits de toutes pièces en quelques mois, les « hotspots » se composent d’un ensemble de préfabriqués qui font office de bureaux pour l’administration nationale, les organismes européens et les ONG. Ils ont la capacité de soigner et d’héberger jusqu’à 1.000 personnes pendant trois jours, sous des tentes.

 

La construction du - Thanassis Stavrakis/AP/SIPA

 

Sur l’île de Leros, le centre d’enregistrement, qui peut accueillir 1.000 personnes, a été installé près d’un ancien hôpital.

« Trier » et ficher

Le rôle de ces centres d’enregistrement, tel que Bruxelles les a conçus, est de distinguer les réfugiés, qui fuient des zones de guerre et peuvent bénéficier d’une protection internationale, des migrants économiques. Les premiers quitteront les hotspots au bout de deux jours pour être emmenés vers un centre d’accueil - la Grèce en a ouvert deux nouveaux près de Thessalonique et Athènes (en violet sur la carte) - avant d’être relocalisés dans un Etat membre. Les seconds doivent en théorie être renvoyés dans leur pays d’origine.

Le trafic de passeports syriens et irakiens rend le travail des hotspots complexe et d’autant plus crucial dans le contexte de menace terroriste. Les autorités grecques et italiennes seront épaulées par l’Agence européenne de surveillance des frontières Frontex (qui a déployé 400 agents en Grèce, dont des experts en faux papiers), mais aussi par le Bureau européen d’appui en matière d’asile (EASO), l’Agence européenne de coopération de police (Europol) et l’Agence européenne de coopération judiciaire (Eurojust).

>> A lire aussi : Cazeneuve demande à l’UE d’améliorer la détection des faux passeports syriens

Les hotspots doivent aussi enregistrer les migrants grâce au système de prises d’empreintes digitales Eurodac. En septembre dernier, 8 % des empreintes étaient relevées en Grèce contre 78 % en janvier 2016 selon la Commission européenne. Le règlement de Dublin prévoit qu’un réfugié doit demander l’asile dans l’Etat où ses empreintes ont été relevées. Face aux dysfonctionnements de ce dispositif, l’Union européenne a établi un programme de relocalisation des réfugiés entre les Etats membres.