VIDEO. Etats-Unis: La mort d'un juge de la Cour suprême annonce une bataille entre Obama et les républicains

ETATS-UNIS A moins d'un an du départ de Barack Obama, la nomination d'un successeur s'annonce très compliquée...

M.C. avec AFP

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Antonin Scalia, juge de la cour suprême des Etats-Unis, le 15 décembre 2014.
Antonin Scalia, juge de la cour suprême des Etats-Unis, le 15 décembre 2014. — Rogelio V. Solis/AP/SIPA

A moins d'un an de l'élection présidentielle, l'événement amorce une bataille entre Barack Obama et le Congrès. Un juge conservateur de la Cour suprême des Etats-Unis, Antonin Scalia, opposé à l'avortement et partisan de la peine de mort, est décédé samedi à 79 ans, posant immédiatement la question de sa succession.

La disparition du juge Scalia, un catholique traditionaliste nommé il y a 30 ans par le président républicain de l'époque Ronald Reagan, a aussitôt pesé sur une campagne qui bat son plein pour l'élection présidentielle du 8 novembre, à moins d'un an du départ de Barack Obama le 20 janvier 2017. Le président américain a ordonné que les drapeaux soient mis en berne dans tout le pays jusqu'à la fin des funérailles.

La désignation d'un nouveau juge s'annonce très ardue

La Cour suprême, plus haute instance judiciaire des Etats-Unis, est un pilier des institutions américaines, avec l'exécutif et le Congrès, et se compose de neuf sages nommés à vie dont l'équilibre penche actuellement en faveur des conservateurs (cinq juges contre quatre considérés comme progressistes).

Quelques heures après l'annonce par des responsables républicains de la mort du juge Scalia, le président Obama a salué un «homme remarquable», un «juriste brillant». Mais dans son allocution solennelle, le président des Etats-Unis s'est engagé à «remplir (ses) responsabilités constitutionnelles» pour désigner un successeur au juge Scalia. «J'aurai tout mon temps pour le faire et le Sénat (pourra) remplir ses responsabilités en auditionnant comme il le faut cette personne et en votant à temps», a prévenu Barack Obama.

Une allusion à peine voilée au processus pour désigner et confirmer un nouveau juge, qui risque d'être ardu à moins d'un an de la fin du mandat du président démocrate, face à un Congrès contrôlé par les républicains. C'est le président des Etats-Unis qui nomme à vie les neuf juges de la Cour suprême, mais il revient au Sénat de confirmer ces nominations.

Les thèmes les plus chers de l'Amérique conservatrice

Lors d'un débat télévisé entre les candidats républicains samedi soir, ceux-ci ont tous appelé le Sénat à bloquer toute nomination par Barack Obama d'un nouveau juge à la Cour suprême. Dès l'annonce du décès du juge, le chef de la majorité républicaine au Sénat Mitch McConnell avait averti qu'il reviendrait au prochain locataire de la Maison Blanche de désigner un remplaçant. A ses yeux, «le peuple américain doit avoir son mot à dire dans le choix du prochain juge de la Cour suprême».

Au contraire, son opposant au Sénat, le démocrate Harry Reid, a réclamé une nomination «tout de suite». Ce serait «sans précédent dans l'histoire récente de la Cour suprême d'avoir un siège vacant pendant un an», a insisté l'élu. L'ex-Première dame et candidate démocrate à la présidentielle, Hillary Clinton, a accusé de son côté les républicains de «déshonorer la Constitution».

Durant trois décennies, le juge Scalia a incarné à la Cour suprême les thèmes les plus chers de l'Amérique conservatrice, que ce soit en matière de famille, de religion, de patriotisme ou de maintien de l'ordre. Convaincu de la constitutionnalité de la peine de mort et défenseur de la détention d'armes individuelles, Antonin Scalia était ouvertement opposé à l'avortement, à l'union homosexuelle et à la discrimination positive.