Réfugiés: Angela Merkel demande l’aide de l’Otan pour surveiller les côtes

POLITIQUE La chancelière allemande a expliqué vouloir faire intervenir l’Otan aux côtés de Frontex et des garde-côtes turcs pour contenir l’arrivée des réfugiés

20 Minutes avec AFP

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Angela Merkel et le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu à Ankara le 8 février 2016
Angela Merkel et le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu à Ankara le 8 février 2016 — ADEM ALTAN AFP

«Nous allons utiliser la rencontre des ministres de la Défense de l'Otan (...) pour savoir dans quelle mesure l'Otan peut (…) soutenir le travail de Frontex et des garde-côtes turcs», a annoncé lundi la chancelière allemande Angela Merkel.

Elle a fait cette déclaration à Ankara (Turquie), à l’issue d’un entretien Premier ministre turc Ahmet Davutoglu. Celui-ci avait été très clair en affirmant lundi que son pays, qui abrite déjà 2,7 millions de Syriens, ne supporterait pas à lui seul «tout le fardeau» de l'accueil des réfugiés syriens : «Personne ne doit penser que, comme la Turquie accepte les réfugiés et assume cette responsabilité, elle doit porter toute seule le fardeau» de cet accueil, a-t-il déclaré devant la presse.

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30.000 civils syriens à la frontière

Quelque 30.000 civils syriens étaient massés lundi à la frontière turque, toujours fermée, après avoir fui l'offensive lancée il y a une semaine par les troupes du régime de Damas autour de la ville d'Alep.

«Evidemment, comme toujours, nous allons subvenir aux besoins de nos frères syriens et les accepter quand ce sera nécessaire», a ajouté le chef du gouvernement islamo-conservateur, réitérant la promesse samedi du président Recep Tayyip Erdogan.

Merkel «horrifiée» par «les souffrances humaines»

Merkel s'est dite pour sa part «horrifiée» par «les souffrances humaines» des Syriens bloqués à la frontière syro-turque. Elle a également dénoncé les «bombardements, notamment du côté russe» sur Alep. L'armée russe intervient au côté des troupes fidèles au président syrien Bachar al-Assad, en procédant à des frappes aériennes massives sur la deuxième ville de Syrie.

Ankara et Bruxelles ont signé fin novembre un «plan d'action» qui prévoit une aide européenne de 3 milliards d'euros aux autorités turques en échange de leur engagement à mieux contrôler leurs frontières et à lutter contre les passeurs. La chancelière allemande est venue à Ankara pour presser les Turcs d'en faire plus pour ralentir le flux des migrants, qui reste important.

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