La Turquie se dit prête à accueillir les Syriens qui fuient Alep

MONDE La Turquie les accueillera « s’ils n’ont pas d’autre choix »…

A.Ch. avec AFP

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Des enfants et une femme syriens arrivent à Bab al-Salama d'où ils espèrent pouvoir entrer en Turquie dont la frontière est toujours fermée, le 6 février 2016
Des enfants et une femme syriens arrivent à Bab al-Salama d'où ils espèrent pouvoir entrer en Turquie dont la frontière est toujours fermée, le 6 février 2016 — BULENT KILIC AFP

La Turquie s’est déclarée prête à accueillir les dizaines de milliers de Syriens qui se pressent à sa frontière après avoir fui l'offensive des troupes du régime de Damas à Alep s'ils n'ont « pas d'autre choix », a assuré ce samedi le président turc Recep Tayyip Erdogan. « Le régime (de Damas) a désormais bloqué une partie d'Alep (...) s'ils (les civils poussés à l'exode) sont à nos portes et n'ont pas d'autre choix, nous devons laisser entrer nos frères et nous le ferons », a déclaré Recep Tayyip Erdogan.

« La frontière reste ouverte pour tous les cas d'urgence »

Ce dimanche matin, le poste-frontière d'Oncupinar était encore fermé, a constaté une journaliste de l'AFP. « Mais la frontière reste ouverte pour tous les cas d'urgence », a précisé sous couvert de l'anonymat à l'AFP un responsable turc. « Sept personnes blessées ont pu entrer vendredi en Turquie et une autre samedi pour y être hospitalisées », a-t-il ajouté.

Depuis lundi, plusieurs dizaines de milliers de civils, principalement des femmes et des enfants, ont quitté Alep en raison des violents combats qui y opposent l'armée syrienne, soutenue par les Russes, et les rebelles. Entre 30 et 35.000 personnes ont rejoint lors des dernières quarante-huit heures les environs de la ville d'Azaz, à 5 km de la frontière turque. Cette vague pourrait atteindre 70.000 personnes, selon le gouverneur de la province turque.

Déjà 2,7 millions de Syriens en Turquie

La Turquie n'a jusque-là pas autorisé l'entrée des Syriens poussés à l'exode, contraints de vivre dans des camps installés à la hâte autour de la localité de Bab al-Salama. Ils y vivent dans le froid et des conditions précaires, avec l'aide d'urgence fournie notamment par l'ONG islamique turque IHH.  Le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu a assuré samedi que son pays, qui accueille déjà 2,7 millions de Syriens sur son sol, restait fidèle à sa « politique de la frontière ouverte » pour les réfugiés, mais n'a pas précisé quand les Syriens pourraient la franchir.