Brexit: David Cameron se jette dans la bataille pour convaincre son Parlement

EUROPE Le préaccord entre l'UE et le Royaume-Uni doit être examiné par les 27 autres États membres de l'UE lors d'un sommet les 18 et 19 février à Bruxelles...

20 Minutes avec AFP

— 

Le Premier ministre britannique David Cameron dans l'usine Siemens à Chippenham en Angleterre, le 2 février 2016
Le Premier ministre britannique David Cameron dans l'usine Siemens à Chippenham en Angleterre, le 2 février 2016 — Ben Pruchnie POOL

Le Premier ministre britannique David Cameron s’est efforcé mercredi de « vendre » aux députés l’accord conclu avec Bruxelles pour éviter une sortie de la Grande-Bretagne de l’UE, très fraîchement accueilli par les eurosceptiques de son propre camp et la presse.

Quelques heures auparavant, à Strasbourg, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker se livrait au même exercice devant le Parlement européen, jugeant le préaccord équitable pour les deux parties. « Menons ce combat ensemble ! », a lancé aux députés David Cameron dans une déclaration solennelle devant le Parlement, au lendemain de la publication par Bruxelles d’un projet d’accord comprenant plusieurs réformes.

Un référendum le 23 juin ?

Le dénouement est « proche », a-t-il ajouté, en laissant entendre qu’il privilégiait la date du 23 juin pour le référendum qui doit permettre aux Britanniques de se prononcer sur l’accord final. Le chef de l’opposition travailliste, Jeremy Corbyn, a quant à lui souligné que son parti s’engagerait pour un maintien dans l’UE lors du référendum.

Le préaccord entre l’UE et le Royaume-Uni doit être examiné par les 27 autres États membres de l’UE lors d’un sommet les 18 et 19 février à Bruxelles. Le plan dévoilé mardi par l’UE pour éviter un « Brexit » met notamment sur la table un « frein d’urgence » pour que Londres puisse couper des aides sociales aux travailleurs intra-européens, et des garanties que la City ne pâtira pas d’un renforcement de l’euro.

Pression de Ukip et de ses propres députés eurosceptiques

Une proposition « équitable » qui « répond aux inquiétudes » de M. Cameron, « tout en respectant les traités », a estimé Jean-Claude Juncker devant le Parlement européen. « Nous avons fait des progrès significatifs dans nos quatre demandes de réforme mais il reste beaucoup de travail et il faudra faire preuve de détermination et de patience », a tempéré M. Cameron.

Sous forte pression du parti europhobe et anti-immigration Ukip et de ses propres députés eurosceptiques, le Premier ministre a même continué à agiter la possibilité de faire campagne pour un « Brexit », si les négociations bloquent avec ses partenaires européens.

Au moins quatre ou cinq ministres pourraient faire campagne pour une sortie de l’UE

« La meilleure réponse est de rester dans une Europe réformée. Mais si je ne peux l’obtenir, je répète que je n’exclus rien », a martelé David Cameron, qui se rendra en Pologne et au Danemark vendredi, puis en Allemagne la semaine prochaine. Les eurosceptiques de son propre camp conservateur étaient encore très critiques mercredi. Même s’il semble avoir convaincu sa ministre de l’Intérieur, Theresa May, au moins quatre ou cinq ministres pourraient faire campagne pour une sortie de l’UE.