Disparu il y a 40 ans et suspecté d'un meurtre sanglant, un Lord anglais est finalement déclaré mort

ANGLETERRE Suicide, assassinat et même jeté dans une fosse aux tigres, les spéculations autour de la disparition de Lord Lucan ont tenu en haleine l’Angleterre pendant plus de 40 ans…

H.S. avec AFP

— 

Lord Lucan était une figure de l'aristocratie anglaise.
Lord Lucan était une figure de l'aristocratie anglaise. — Shutterstock/SIPA

« Un monstre du Loch Ness aristocrate », voilà comment le quotidien britannique The Independent qualifie Lord Lucan. Ce noble londonien alimente la chronique judiciaire anglaise depuis sa mystérieuse disparition en 1974. Suspecté du meurtre, particulièrement violent, de la nourrice de ses enfants le soir du 7 novembre 1974, Lord Lucan n’est plus jamais réapparu depuis.

La Haute cour de Londres a mis un terme, ce mercredi 3 février, a quarante-deux ans de spéculations en officialisant le décès du principal suspect. Son fils, George Bingham, 48 ans, avait lancé une procédure juridique en octobre dernier pour tenter de « mettre un point final » à cette histoire et pour pouvoir récupérer le titre de son père. C’est désormais chose faite, le fils pourra ainsi siéger à la place de son père à la chambre des Lords.

Une voiture maculée de sang 

Malgré le verdict, les circonstances du meurtre et de la disparition du principal suspect restent particulièrement troubles. Noyé dans la Manche, aperçu en Afrique du Sud, en Colombie ou en Nouvelle-Zélande, les théories autour de cette figure de l’aristocratie, passionnée par le jeu, se sont multipliées au fil des ans.

La semaine dernière encore, un des anciens partenaires de jeu de Lord Lucan a assuré qu’il s’était suicidé. Et que sa dépouille avait été jetée dans la fosse aux tigres d’un zoo pour empêcher que son décès soit acté et que Veronica, son épouse, puisse toucher l’héritage.

Les derniers à l’avoir vu sont un couple d’amis, chez lesquels il a débarqué dans la nuit du 7 novembre 1974. Sur place, il a écrit deux lettres à son beau-frère dans lesquelles il clame son innocence et laisse des instructions pour régler ses créanciers. On retrouvera seulement sa voiture, maculée de sang, près de la côte, au sud de l’Angleterre.

Un meurtre « par erreur » ?

Quelques heures plus tôt, Sandra Rivett, la nounou de ses trois enfants, a été sauvagement tuée au domicile que Lord Lucan partageait, avant leur rupture, avec son épouse Veronica, dans le quartier chic de Belgravia à Londres.

Veronica elle-même a été agressée par le meurtrier dont elle affirme avoir reconnu la voix, celle de son mari. L’enquête et un tribunal ont conclu à la culpabilité de Lord Lucan. Les détectives pensent qu’il a tué la nounou par erreur et qu’il avait en fait voulu assassiner son épouse pour récupérer la garde des enfants.

Cette affaire, qui a longtemps fasciné les Anglais n’est pas sans rappeler l’affaire Xavier Dupont de Ligonnès en France, disparu depuis le mois d’avril 2011 et suspecté d’avoir assassiné sa femme, ses enfants et ses deux labradors à Nantes. L’homme reste introuvable et a alimenté de nombreuses théories sur internet.