Cologne sous haute surveillance pour son carnaval

SECURITE Les agressions sexuelles le soir de la Saint-Sylvestre, sur le parvis de la gare, sont toujours en tête...

20 Minutes avec AFP
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Cologne (Allemagne), le 11 janvier. Des Allemands passent devant la gare de Cologne où une vague d'agressions à eu lieu la nuit du Nouvel An.
Cologne (Allemagne), le 11 janvier. Des Allemands passent devant la gare de Cologne où une vague d'agressions à eu lieu la nuit du Nouvel An. — PATRIK STOLLARZ / AFP

Le carnaval de Cologne, plus important événement populaire d’Allemagne avec la Fête de la bière, sera sous haute surveillance cette année après les violences du Nouvel An, attribuées pour la plupart à des migrants, et qui ont choqué le pays. Pendant les six jours de festivités (cette année, du 4 au 9 février), la ville appartient traditionnellement aux dizaines de milliers de « Jecke » (les « fous » du carnaval en dialecte rhénan) mais cette année donc, ils devront partager la rue avec des effectifs de police dûment renforcés.

Trois fois plus de policiers que l’an dernier

Le centre de la ville a été le théâtre le soir de la Saint-Sylvestre d’agressions de la part d’hommes en bande, essentiellement à l’encontre de femmes. Plus d’un millier de plaintes ont été déposées, dont de nombreuses pour des faits à caractère sexuel et les suspects sont selon la police « en grande partie » des demandeurs d’asile ou immigrants originaires d’Afrique du Nord.

Après ces incidents, la sécurité du carnaval, événement majeur du patrimoine populaire allemand, est devenue pour Cologne, la région et au-delà, un enjeu primordial. « Nous chérissons notre liberté, la liberté d’opinion, et tout particulièrement la liberté des + fous + », a rappelé la chancelière Angela Merkel. Le directeur des services de la ville de Cologne, Guido Kahlen, parle d’une « épreuve de vérité ». Pour lui, « nous devons démontrer que nous avons tiré les conséquences des événements ».

Au total, 2.500 policiers venus de toute l’Allemagne seront présents dans les rues, trois fois plus que l’an passé, pour un budget sécurité de 360.000 euros. Le renforcement de la vidéo-surveillance, l’éclairage des coins sombres par des spots mobiles, le recrutement de 850 bénévoles pour aider la sécurité civile sont programmés. « Je crois que beaucoup d’endroits dans la ville sont plus sûrs qu’avant », assure la maire de Cologne, Henriette Reker, dans une interview publiée lundi, affirmant n’avoir « aucune réserve » quant au déroulement du carnaval cette année.

« Ne venez pas déguisé en djihadiste »

Signe de la tension ambiante, la police s’est tout de même immiscée dans le choix des costumes. « Je déconseille instamment de se déguiser en djihadiste ou de porter des armes dont on ne pourrait pas reconnaître si elles sont vraies », a déclaré dans la presse locale le nouveau président de la police de Cologne, Jürgen Mathies, dont le prédécesseur a démissionné à la suite du Nouvel An.

Soucieuses d’éviter tout malentendu, alors que le débat public allemand est très focalisé sur l’intégration des réfugiés qui ont été 1,1 million à arriver en Allemagne en 2015, les autorités diffusent également des prospectus expliquant le carnaval. C’est le cas à Cologne mais aussi à Bonn, toute proche, qui a imprimé un flyer en huit langues. « Il est important de savoir que + Bützen +, se donner une bise sur la joue, fait partie du carnaval », explique le texte, ajoutant : « Il faut l’accord de chacun pour aller plus loin. Si c’est NON c’est NON ! »

Le carnaval démarre le jeudi 4 à 11h11 par la « Weiberfastnacht », le carnaval des femmes, invitées à couper les cravates des hommes en signe de dépossession du pouvoir. Une coutume qui prend un relief particulier alors que de nombreux commentateurs ont dénoncé la mentalité patriarcale des agresseurs du Nouvel An.