Le candidat à la primaire démocrate américaine Bernie Sanders, le 27 septembre 2015 à Des Moines, dans l'Iowa.
Le candidat à la primaire démocrate américaine Bernie Sanders, le 27 septembre 2015 à Des Moines, dans l'Iowa. — Charlie Neibergall/AP/SIPA

PORTRAIT

Etats-Unis: Bernie Sanders, l'idole «socialiste» des jeunes à la primaire démocrate

A 74 ans, Bernie Sanders est l'improbable idole des jeunes à la primaire démocrate aux Etats-Unis, talonnant l'ultra-favorite Hillary Clinton...

Les gens l’appellent l’idole des jeunes, il en est même qui l’envient… surtout sa plus grande rivale, Hillary Clinton, qui l’affrontera lundi lors de primaires dans l’Iowa. Bernie Sanders, 74 ans, candidat à la primaire démocrate, est l’une des surprises de cette campagne pour l’élection à la Maison Blanche. Surtout quand il attire les jeunes.

L’outsider n’a pourtant rien d’une star. Candidat âgé, bourru, sans argent ni grand charisme, le sénateur du Vermont ose se revendiquer « socialiste », une étiquette presque taboue aux Etats-Unis.

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Et pourtant, Bernie Sanders talonne Hillary Clinton, alors qu’il a commencé la course des primaires 50 ou 60 points derrière la démocrate dans les sondages. Il fait carton plein dans ses meetings, et a explosé le record historique du plus grand nombre de dons financiers pour un candidat à la présidentielle américaine. Son équipe a recueilli trois millions de dollars, venant de plus d’un million de personnes, pour un don de 28 dollars en moyenne. Le tout sans dépendre de comités spéciaux capables de recueillir des dons illimités, et dont profitent les grands candidats pour contourner les restrictions légales.

Pourquoi les jeunes sont-ils intéressés par Bernie Sanders, alors qu’il reconnaît ne pas avoir les codes de la jeunesse américaine ? « C’est un vieil homme blanc, mais il a la passion », confie au Boston Globe Ried Sanborn, un jeune de 18 ans qui travaille chez Subway et voudrait rejoindre les Marines. C’est en effet l’intégrité, le parcours et le discours atypique du candidat qui semblent séduire ces jeunes. Le rappeur d’Atlanta Killer Mike l’a d’ailleurs rejoint comme porte-parole, après s’être pris d’intérêt pour le septuagénaire « en fumant des joints et en lisant ses tweets » rapporte le Guardian.


Né à Brooklyn de parents juifs polonais, Bernie Sanders vient d’une famille modeste et s’engage très vite en politique, notamment contre la guerre du Vietnam. Il rejoint le mouvement des droits civiques et les mouvements pacifistes. Maire de Burlington (Vermont) de 1981 à 1989, il entre en 1990 à la Chambre des Représentants. Il en part en 2007, année où il devient sénateur. Il est étiqueté « indépendant » toute sa carrière, jusqu’à l’an dernier, quand il est passé dans le camp démocrate pour les primaires.

Partisan d’une « révolution politique »

Outre ce parcours, l’homme séduit par son discours très dur sur les inégalités de revenus et la collusion des élites politique et économique des Etats-Unis. « Je crois à un certain égalitarisme, c’est-à-dire à une juste redistribution des richesses. Je crois que tout le monde a droit à un niveau de vie décent et à un système de santé. Je crois que nous avons une responsabilité morale par rapport à l’environnement. Je crois que la guerre n’est qu’un dernier recours », expliquait-il au Monde en 2008.

Prônant une « Political revolution » (« révolution politique »), Bernie Sanders souhaite réformer le financement électoral, mettre en place des congés maladie payés et une assurance maladie universelle. Il propose d’augmenter l’impôt payé par les plus riches et les entreprises. Dans un pays où le salaire minimum est de 7,25 dollars au niveau fédéral, Bernie Sanders veut l’augmenter à 15 dollars. Aux jeunes, il promet enfin la gratuité de l’université, quand la dette moyenne des étudiants aux Etats-Unis… atteint 35.000 dollars.