Grèce: l’Union européenne à la rescousse

G.G. avec AFP

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Un véhicule des pompiers carbonisés vers le village de Artemida en Grèce
Un véhicule des pompiers carbonisés vers le village de Artemida en Grèce — reuters
Alors que les feux de forêt ne semblent plus menacer d’habitations, voici venu le temps d’évaluer les dégâts. En une semaine, les flammes ont fait 63 morts, brûlé près de 200.000 hectares… et fait perdre beaucoup points dans les sondages au premier ministre conservateur Costas Caramanlis. A une semaine des élections législatives, les commentateurs ont dénoncé l’incapacité des autorités à gérer les incendies.

«Sous-bois mal entretenus, pompiers mal formés, terrible absence de coordination des opérations, matériel insuffisant, sont la marque d'un dispositif de lutte anti-incendies totalement défaillant», accuse Nikos Georgiadis, de la section grecque du WWF (Fonds mondial pour la nature). Ce dispositif défaillant serait à la source des incendies dévastateurs. Non pas une action criminelle concertée, raison avancée d’abord par le Premier ministre pris de court.

Un pays «humilié»

Résultat, les médias grecs ont chiffré le désastre à 4 milliards d’euros. La commissaire européenne à la Politique régionale, Danuta Hübner, en visite en Grèce, envisage d’octroyer une aide européenne d’environ 200 millions d’euros. Le gouvernement, très critiqué pour sa gestion de la crise, a rapidement versé à quelque 20.000 sinistrés une première aide d'urgence pour un montant total de 72,5 millions d'euros. Du coup, le leader du Pasok (opposition socialiste) Georges Papandréou, a accusé son rival d'avoir «humilié» le pays par son incurie.

Effets contrastés

Les effets de la catastrophe sur l’économie devraient être contrastés. «L'impact des feux sur la croissance ne devrait pas dépasser 0,3% du PIB», a affirmé le ministère de l’Economie. Les régions touchées, principalement vouées à une production agricole pour la consommation locale, ne contribuant qu'à un faible niveau de l'économie nationale. Mais l'impact des feux est lui désastreux sur l’économie locale, avec une chute attendue d'environ la moitié de la production agricole et des menaces sur la viabilité des entreprises touristiques de la région.

Sur le front des incendies, l’absence de vent profitait, vendredi en fin de matinée, aux pompiers. «L'idée est de remporter la bataille aujourd'hui, avant la reprise des vents à partir de dimanche», a expliqué un responsable de la lutte incendie.

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