« La colère est trop grande pour se taire »

- ©2007 20 minutes

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Dimanche 26 août

« Depuis quarante-huit heures, nous sommes scotchés devant la télé. On n'a pas dormi. Toutes les cinq minutes, il y a un nouveau feu. On regarde tous les images en espérant que le vent va tourner.

Les Grecs ne sont pas foutus de coordonner l'aide. Les politiques, dimanche prochain [jour des élections législatives], ils vont voir ce qu'ils vont voir. Il va y avoir des surprises. »

Mardi 28 août

« J'ai toujours pas décroché de la télé depuis vendredi soir. Hier, près de mon ancien lycée, un incendie a été arrêté juste à temps après que l'on a retrouvé une énième bouteille de gaz arrosée d'essence... C'est à ne plus rien comprendre. Le premier jour, on pouvait expliquer la cinquantaine de morts par l'énormité de ces incendies. Le deuxième jour, les morts ne s'expliquent que par le fait que l'Etat n'avait rien fait. Et à côté de ça, on se félicite d'avoir sauvé Olympie ! Ah oui... nos pierres sont sauves. Ça, c'est sûr. »

Mercredi 29 août

« Ma télé reste éteinte depuis hier. Car les hommes politiques, tous partis confondus, monopolisent désormais les chaînes télévisées. Les mêmes qui, arrivés sur le site d'Olympie après le passage des flammes, avaient dû faire demi-tour de peur d'être lynchés par la population locale ! Les mêmes qui n'osaient pas se montrer ces derniers jours, qui osaient encore

moins parler des élections législatives quand ils avaient le courage

de faire quelques déclarations. Il y a un rassemblement place Syntagma aujourd'hui à 19 h. Naïvement, je garde encore espoir. »

jeudi 30 août

« A la manifestation, on déambule dans la foule vêtue de noir. Je croise un couple avec à la main deux bouteilles remplies de cendres, sur lesquelles on peut lire « Ceci était une forêt ». Le fait qu'aucun parti politique ne soit présent rend cela plus humain, plus fort... poignant. Les gens sont confus, ne savent pas qui pointer du doigt, qui accuser, à qui demander des explications. La colère est trop grande pour se taire, mais les coupables sont d'une part encore inconnus et d'autre part trop nombreux. »

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L'intégralité du blog « La Grèce en feu».