Andreas Lubitz, copilote de l'A320 de Germanwings, lors d'un marathon le 13 septembre 2009 à Hambourg
Andreas Lubitz, copilote de l'A320 de Germanwings, lors d'un marathon le 13 septembre 2009 à Hambourg — Foto team Mueller Foto team Mueller

MONDE

Crash de la Germanwings: «Mon Dieu, je n’ai pas envie que cet homme-là soit aux commandes d’un avion», écrivait le médecin de Lubitz

Le pilote allemand à l'origine du crash de la Germanwings présentait des signes de psychose comme l'exposent ses derniers échanges avec ses médecins, dévoilés par le «Parisien»...

« Je continue à passer des nuits où je ne dors pas du tout. Mon temps de sommeil maximal est de deux heures par nuit », écrit à son médecin Andreas, Lubitz le 10 mars. Soit, deux semaines avant le crash de la Germanwings qui a fait 149 victimes. Dans ses échanges avec le corps médical - dévoilés ce mercredi par le Parisien - assure subir « parfois des attaques de panique par rapport à [ses] yeux ». Des problèmes de vue qui inquiètent fortement le jeune homme.

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« Mon Dieu, je n’ai pas envie que cet homme-là soit aux commandes d’un avion »

« Comme j’ai peur de devenir aveugle et que je continue à faire une fixation sur mes yeux, je ressasse cette idée sans cesse et le stress augmente », note-t-il. Car l’homme de 27 ans craint de devenir aveugle : un diagnostic qui mettrait fin à sa carrière de pilote, son rêve. Le stress ne s’arrête pas. Il voit de nombreux spécialistes qui n’expliquent pas l’origine du trouble. Mais s’interpellent sur sa santé mentale.

Selon les informations du Parisien, le mois précédant le drame, il voit pas moins de sept docteurs différents. L’un des praticiens, visité fin février, confiera aux policiers avoir eu affaire à un homme « peu sûr de lui, qui donnait l’impression d’être sous pression », et avoir même pensé pendant l’examen : « Mon Dieu, je n’ai pas envie que cet homme-là soit aux commandes d’un avion ».

« Il me faudrait d’urgence de l’aide pour pouvoir dormir »

« Bien entendu, on peut trouver […] des déclencheurs qui doivent être travaillés, mais il me faudrait d’urgence de l’aide pour pouvoir dormir. […] Si je n’avais pas ce problème aux yeux, tout irait bien. Il n’y a, en principe, aucune raison que j’aie ce problème maintenant », insiste Lubitz. Son psychiatre tranche : « Diagnostic : soupçons de psychose menaçante ».

Puis, une médecin généraliste confirme les conclusions de son confrère, poursuit le Parisien. « Suspicion de psychose. Complexe de troubles psychosomatiques », souligne-t-elle, avant de rédiger un arrêt maladie du 12 au 30 mars. « Ressasse, à l’évidence. […] Agitation, tension, nervosité », note encore le psy traitant d’Andreas Lubitz le 16 mars, relate le quotidien. Ignorant que c’est inutile, il délivre à son tour un arrêt de travail jusqu’au 29 mars, et prescrit un somnifère puissant, tout en précisant dans la fiche patient établie ce jour-là : « Pas de délires, pas d’hallucinations, pas de tendance suicidaire. ».

Les arrêts de travail ne seront jamais remis à l’employeur, Germanwings. Et quelques jours plus tard, aux commandes d’un A320, Andreas Lubitz s’écrase dans les Alpes françaises avec 149 passagers et membres de l’équipage.