Attentats de Paris: La Belgique savait depuis 2012 que des djihadistes impliqués dans les attaques cherchaient des armes

TERRORISME Les noms de Chakib Akrouh et Abdelhamid Abaaoud apparaissent notamment dans ce dossier...

N.Beu.

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Des kalachnikov (illustration).
Des kalachnikov (illustration). — M. Bureau / AFP

Un nouveau point noir pour la Belgique. Le parquet fédéral a confirmé ce mardi avoir reçu en avril 2012 une note de la Sûreté de l’État indiquant que des islamistes, dont certains sont aujourd’hui soupçonnés d’être liés aux attentats de Paris, tentaient de se procurer des armes, révèle la presse belge.

Selon les quotidiens La Dernière Heure, Het laatste Nieuws et De Morgen, la Sûreté de l’Etat avait remarqué des activités suspectes dans l’appartement bruxellois d’un Belge d’origine marocaine de 26 ans répondant au nom de Gelel Attar. Des extrémistes s’y réunissaient fréquemment pour planifier une lutte armée, et auraient abordé à plusieurs reprises la question de leur approvisionnement en armes de guerre et en explosifs.

Revenu cinq fois de Syrie

Or Gelel Attar est très fortement suspecté d’avoir joué un rôle dans la planification des attentats de Paris. Il a notamment voyagé en Syrie avec Chakib Akrouh, le kamikaze de l’appartement de Saint-Denis, et était à l’époque le bras droit de Khalid Zerkani, un recruteur bruxellois condamné l’été dernier à 12 ans de prison pour avoir envoyé des jeunes en Syrie. C’est cet homme qui aurait recruté au moins deux des assaillants présumés de novembre, dont Abdelhamid Abaaoud. Gelel Attar a finalement été arrêté à Casablanca le 15 janvier.

Autre faille : l’une des recrues d’Attar et Zerkani aurait réussi à revenir cinq fois de Syrie avant d’être arrêté. «Ces aller-retours avaient pour but d’emmener de nouveaux combattants en Syrie, de faire circuler de l’argent et d’acheminer du matériel au front», écrit La Dernière Heure. Selon le parquet fédéral, à l’époque, « le phénomène des départs en Syrie n’était toutefois pas aussi connu qu’à l’heure actuelle ».