Bush, va-t-en-guerre télévisée

Faustine Vincent - ©2007 20 minutes

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Un jeune homme, en chaise roulante, s'avance sur le pas de sa porte. « Je crois que nous faisons des progrès dans la guerre en Irak pour stabiliser le pays, affirme-t-il gravement face caméra. J'y retournerais si je le pouvais. » La phrase s'incruste dans l'image. « Je suis fier d'être un Marine », ajoute-t-il. La remarque s'inscrit en caractères blancs sur fond de drapeau américain flottant au vent. A la fin du spot, un slogan ? « La victoire est notre unique choix » ?, un numéro de téléphone et une adresse mail, www.freedomswatch.org.

L'homme s'appelle Andrew Robinson. Blessé pendant la guerre en Irak, ce jeune vétéran participe à l'un des quatre spots de propagande télévisée de l'administration Bush pour défendre une guerre que 70 % des Américains désapprouvent désormais, et qui a déjà fait plus de 3 700 victimes parmi les GI.

Le président américain, opposé au retrait des troupes, a décidé d'employer les grands moyens. Il a ainsi mis sur pied le groupe de pression Freedom's Watch (« Surveiller la liberté »), grâce à quelques amis néoconservateurs, dont l'ancien porte-parole de la Maison Blanche, Ari Fleisher, et le richissime directeur d'un casino de Las Vegas. Coût global de la campagne : 15 millions de dollars.

Lancée mercredi dernier, elle doit durer trois semaines et s'achèvera mi-septembre, juste au moment où le commandant des forces américaines en Irak, le général Petraeus, présentera son rapport au Congrès sur l'impact de la nouvelle stratégie américaine en Irak, lequel devrait livrer un bilan pour le moins contrasté.

menace Le pays a exigé mardi du régime iranien qu'il cesse « immédiatement » d'armer les insurgés contre les GI en Irak et a mis en garde contre le danger d'un « holocauste nucléaire » si l'Iran se dotait de la bombe atomique.