«L'amitié» et «l'alliance» de Washington avec Ryad n'a pas changé, martèle Kerry

DIPLOMATIE « Rien n’a changé (juste) parce que nous avons œuvré à éliminer une arme nucléaire d’un pays de la région », a précisé le secrétaire d’Etat américain dans une allusion à l’accord international sur le nucléaire iranien...

B.D. avec AFP

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Le secrétaire d'Etat américain,John Kerry (G), encontre le roi d'Arabie Saoudite, Salman bin Abdulaziz, à Riyad, le 23 janvier 2016.
Le secrétaire d'Etat américain,John Kerry (G), encontre le roi d'Arabie Saoudite, Salman bin Abdulaziz, à Riyad, le 23 janvier 2016. — Jacquelyn Martin/AP/SIPA

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a affirmé ce dimanche, juste avant de quitter Ryad, que les Etats-Unis avaient « une relation solide », « une alliance claire » et « une amitié forte » comme « cela a toujours été le cas » avec l’Arabie saoudite. « Rien n’a changé (juste) parce que nous avons œuvré à éliminer une arme nucléaire d’un pays de la région », a précisé John Kerry dans une allusion à l’accord international sur le nucléaire iranien.

Le secrétaire d’Etat américain venait d’effectuer une visite de 24 heures à Ryad essentiellement pour rassurer l’Arabie et ses alliés du Golfe qui redoutent un désengagement américain et un rapprochement de Washington avec Téhéran. S’exprimant à l’ambassade des Etats-Unis juste avant de partir pour le Laos, John Kerry a cherché à modifier certaines perceptions.

« Personne ne cherche le conflit. Nous essayons de résoudre ce conflit »

« Des gens disent : "les Etats-Unis ne sont peut-être plus aussi enfermés dans cette ancienne relation avec l’Arabie saoudite et leurs autres amis du Golfe. L’accord (avec) l’Iran a peut-être changé les choses et il y a maintenant un nouvel alignement régional" ». Or « nous avons une relation solide, une alliance claire et une amitié forte avec le royaume d’Arabie saoudite, comme cela a toujours été le cas », a-t-il affirmé. Et « nous continuerons à travailler dans la région avec nos amis et nos alliés » afin « d’amener la stabilité et la prospérité », a dit le secrétaire d’Etat, ajoutant : « Personne ne cherche le conflit. Nous essayons de résoudre ce conflit ».

La rivalité entre l’Arabie saoudite sunnite et l’Iran chiite a dégénéré début janvier en crise ouverte avec la rupture de leurs relations diplomatiques après la mise à sac de l’ambassade saoudienne à Téhéran. Celle-ci faisait suite à l’exécution par l’Arabie saoudite d’un dignitaire chiite saoudien, virulent critique du régime des Saoud.

L’Arabie saoudite a dit avec force samedi devant John Kerry tout le mal qu’elle pensait d’un éventuel rapprochement entre les Etats-Unis et l’Iran. « Je ne vois pas les Etats-Unis et l’Iran aller ensemble. L’Iran demeure le chef mondial du soutien au terrorisme », a affirmé le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir.