Portugal: Le vote pour l'élection présidentielle a commencé

SCRUTIN Selon les derniers sondages, Marcelo Rebelo de Sousa, professeur de droit de 67 an et commentateur vedette de la télévision, obtiendrait entre 52 et 55% des voix, ce qui lui permettrait d'être élu dès le premier tour...

B.D. avec AFP
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Le candidat à la présidentielle portugaise Marcelo Rebelo de Sousa à la fin d'un meeting à Lisbonne, le 20 janvier 2016.
Le candidat à la présidentielle portugaise Marcelo Rebelo de Sousa à la fin d'un meeting à Lisbonne, le 20 janvier 2016. — Armando Franca/AP/SIPA

Les bureaux de vote ont ouvert ce dimanche à 8h (locales, 9h à Paris) au Portugal pour l’élection présidentielle, un scrutin que l’ancien président du Parti social-démocrate (PSD, centre droit) Marcelo Rebelo de Sousa pourrait remporter dès le premier tour, selon les sondages.

Quelque 9,7 millions de Portugais peuvent se rendre dans les bureaux de vote qui seront ouverts jusqu’à 19h (locales, 20h à Paris), les premières projections étant attendues à 20h, mais l’abstention est traditionnellement élevée pour l’élection du chef de l’Etat. Elle avait atteint le record de 53,48 % lors du dernier scrutin en 2011. Les bureaux fermeront à 19h, mais les premières estimations sont attendues seulement une heure plus tard, en raison d’un décalage horaire avec l’archipel des Açores.

Dix candidats

Selon les derniers sondages, Marcelo Rebelo de Sousa, professeur de droit de 67 ans, connu comme commentateur vedette de la télévision au cours des quinze dernières années, obtiendrait entre 52 et 55 % des voix, ce qui lui permettrait d’être élu dès le premier tour. Président du PSD de 1996 à 1999, Marcelo Rebelo de Sousa passe pour un électron libre de la politique portugaise, connu pour son indépendance d’esprit. S’il dispose du soutien officiel du PSD et du CDS (droite), il a pris ses distances avec des partis associés à quatre ans d’austérité budgétaire.

Son principal adversaire, l’indépendant de gauche Antonio Sampaio da Novoa, est crédité de 17 à 22 % des intentions de vote. Ce dernier, lui aussi professeur d’université, n’a pas réussi à obtenir le soutien officiel du Parti socialiste, qui avance en ordre dispersé, comptant une autre candidate d’envergure, l’ancienne ministre de la Santé Maria de Belem Roseira, créditée de 8 à 13 % des voix. Les électeurs portugais doivent choisir un candidat sur une liste de dix noms, un record pour une élection présidentielle au Portugal.

« Il faut que les électeurs se mobilisent »

Populaire au-delà de son camp politique comme commentateur vedette à la télévision, Marcelo Rebelo de Sousa a mené une campagne très personnalisée, sans affiches ni tracts, privilégiant le contact direct avec les électeurs. « C’est un candidat consensuel au discours modéré, qui capte des voix à gauche et à droite. Mais pour être élu au premier tour, il faut que les électeurs se mobilisent », a expliqué le politologue José Antonio Passos Palmeira. Si aucun candidat n’obtient plus de 50 % des voix, un second tour aura lieu le 14 février.

Enjeu majeur de cette élection, si le chef de l’Etat portugais n’a pas de pouvoir exécutif, il dispose cependant d’une arme surnommée « bombe atomique » au Portugal : le droit de dissoudre le Parlement, alors que le gouvernement socialiste en place depuis novembre dépend d’une alliance fragile avec la gauche radicale.

Mais selon les politologues, le probable vainqueur, Marcelo Rebelo de Sousa, ne dissoudrait le Parlement qu’en cas de crise politique ou de rupture de l’alliance inédite de la gauche née après les élections législatives du 4 octobre. Le président sortant, le conservateur Anibal Cavaco Silva, achève à 76 ans son deuxième quinquennat consécutif, soit la limite autorisée par la Constitution portugaise.