Attentats de novembre: Qui est Gelel Attar, ce proche d'Abaaoud arrêté au Maroc?

PORTRAIT Ce proche d’Abdelhamid Abaaoud et Chakib Akrouh a été interpellé le 15 janvier près de Casablanca au Maroc…

R.S.

— 

Opération de police à Saint-Denis, le 18 novembre 2015, cinq jours après les attentats du 13 novembre.
Opération de police à Saint-Denis, le 18 novembre 2015, cinq jours après les attentats du 13 novembre. — Christophe Ena/AP/SIPA

Sur ses papiers d’identité, il répond au nom de Gelel Attar. Mais pour ses frères, il est « G.A. » ou « Abou Ibrahim », selon les canaux de communication employés. Cet intégriste présumé est le dernier suspect arrêté dans le cadre de l’enquête sur les attentats de Paris qui ont coûté la vie à 130 personnes en novembre dernier. La police marocaine l’a interpellé le 15 janvier dernier dans la ville d’al-Mohammadiya, près de Casablanca, selon un communiqué du ministère de l’Intérieur à Rabat.

Ce Belgo-Marocain de 26 ans, né en Italie et ayant grandi à Molenbeek en Belgique, était surveillé de près pour ses liens d’amitié avec Abdelhamid Abaaoud, le leader présumé des attaques, et Chakib Akrouh, l’un des tueurs présumés des terrasses parisiennes. Son rôle dans l’opération kamikaze de novembre n’est pas établi à ce jour, les enquêteurs n’ayant pas communiqué sur le sujet.

Membre du Front Al-Nosra avant d’être enrôlé par Daesh

Mais selon la police marocaine, Attar s’était rendu en Syrie avec l’un des kamikazes du commando retrouvé mort dans l’appartement de Saint-Denis, Chakib Akrouh. Sur place, il a rejoint dans un premier temps le Front Al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda, avant d’être enrôlé par Daesh.

Durant son séjour en Syrie, il s’est entraîné au maniement des armes et a établi des liens avec des commandants de l’organisation terroriste, dont Abdelhamid Abaaoud. Il aurait notamment combattu au sein de la katiba des « muhajirin » (« les immigrés », en arabe). Mais à la différence d’Akrouh, Attar était rentré en Belgique, via l’Allemagne, assez rapidement. C’est par des écoutes téléphoniques que les policiers ont repéré ses activités suspectes.

 

En juillet 2012, des vidéos de propagande avaient été retrouvées sur une clé USB en sa possession lors d’un contrôle de police belge, indique l’Obs. Les policiers avaient également trouvé dans le coffre de son véhicule sur des vêtements neufs, des clés USB, une caméra de surveillance, des vêtements de sport, des pompes à vélo, qui auraient pu servir sa cause.

« Un total mépris de l’intégrité physique d’autrui »

Le quotidien flamand De Standard indique qu’Attar s’est finalement établi en 2013 de façon permanente au Maroc, soit deux ans avant sa condamnation par contumace à Bruxelles à 5 ans de prison pour appartenance à une organisation terroriste dans le dossier Zerkani, du nom du principal recruteur de djihadistes belges.

Gellel Attar aurait croisé la route de Khalid Zerkani en 2011, lorsqu’il vivait à Molenbeek, la commune de la banlieue de Bruxelles où ont grandi plusieurs membres du commando du 13 novembre. Selon Le Monde, Attar était devenu le bras droit du prédicateur. Il l’aurait aussi hébergé à son domicile et organisait des réunions pour former de nouveaux candidats au djihad.

Le quotidien précise aussi que le jugement du dossier Zerkani fait état d’un homme ayant « un total mépris de l’intégrité physique d’autrui ». Lors du procès, il aurait aussi montré des signes d’une « apparente remise en question », ce qui lui avait permis d’écoper d’une peine relativement faible (5 ans) par rapport à ses coaccusés.