Les femmes réfugiées souvent agressées pendant leur exode

MIGRANTS Agressions, exploitation, harcèlement sexuel : tels sont les risques qu’elles encourent…

D.B. avec AFP

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Une femme réfugiée syrienne dans le camp de réfugiés d'Harmanli en Bulgarie le 21 Janvier 2014
Une femme réfugiée syrienne dans le camp de réfugiés d'Harmanli en Bulgarie le 21 Janvier 2014 — Dimitar Dilkoff AFP

C’est la double peine pour elles. Les femmes réfugiées « risquent agressions, exploitation et harcèlement sexuel lors de leur traversée de l’Europe », s’inquiète lundi Amnesty International, selon qui ces menaces pèsent « à toutes les étapes de leur trajet, y compris sur le territoire européen ».

L’organisation, qui a recueilli en Allemagne et en Norvège les témoignages d’une quarantaine de réfugiées passées par la Turquie puis par la Grèce, fait état d'« agressions physiques » et d'« exploitation financière », ou de « pressions visant à les inciter à avoir des relations sexuelles avec des passeurs, des employés chargés de la sécurité ou d’autres réfugiés ».

https ://twitter.com/AmnestyOnline/status/689125851384942593

« Toutes ces femmes ont dit s’être senties menacées et en danger pendant leur périple », ajoute l’ONG dans un communiqué.

Les camps de transit, lieux à risque

Pour Tirana Hassan, responsable de la réaction aux crises de l’ONG, ces femmes « ont tout risqué pour se mettre en sécurité avec leurs enfants » après avoir connu « l’horreur de la guerre en Irak et en Syrie ». Mais « à compter du moment où leur trajet commence, elles sont de nouveau exposées à la violence et à l’exploitation, sans grand soutien ni protection ».

Certaines des femmes interrogées se sont senties « particulièrement menacées dans les zones et camps de transit en Hongrie, en Croatie et en Grèce », tandis que d’autres ont assuré « avoir dû utiliser les mêmes salles de bains et douches que les hommes ».

« Il faut en faire plus » pour que les femmes réfugiées « soient identifiées et que des processus et services spécifiques soient proposés, afin de protéger leurs droits fondamentaux et leur sécurité », a assuré Tirana Hassan, en jugeant « honteux » que ces femmes « se trouvent encore en danger sur le sol européen ».