A picture taken on January 7, 2016 shows the tribunes and pitch inside Olympique Lyonnais football club's new stadium, Grand Stade de Lyon, in Decines-Charpieu, near Lyon, central-eastern France.   / AFP / PHILIPPE DESMAZES
A picture taken on January 7, 2016 shows the tribunes and pitch inside Olympique Lyonnais football club's new stadium, Grand Stade de Lyon, in Decines-Charpieu, near Lyon, central-eastern France. / AFP / PHILIPPE DESMAZES — AFP

ECONOMIE

Foot: L'ONU veut taxer les matchs pour payer l'aide humanitaire

Selon l'Organisation des Nations unies cette «taxe de solidarité» pourrait permettre de récolter des milliards de dollars...

Taxer les matchs de football pour financer l’aide humanitaire. Telle est la suggestion de l’ONU, qui propose une « contribution volontaire » sous forme de taxe pour combler le fossé grandissant entre besoins humanitaires et dons.

Dans un rapport rédigé sous la tutelle de la commissaire européenne Kristalina Georgieva et du sultan malaisien Nazrin Shah et rendu publique ce dimanche, à Dubaï, neuf experts expliquent vouloir également puiser dans la manne que représentent les concerts et les billets d’avion ou la finance sociale islamique, alimentée par les aumônes musulmanes.

« Jamais le monde n’a été aussi généreux »

Les besoins humanitaires sont passés de 2 milliards de dollars en 2000 à 24,5 milliards 15 ans plus tard, sous l’effet de la multiplication des conflits et des catastrophes naturelles aggravées par le changement climatique, souligne ce rapport. Et en 2015, l’ONU n’aurait recueilli que la moitié des fonds demandés. Les rations alimentaires de 1,6 million de Syriens ont donc dû être réduites, ce qui a contribué à un exode massif vers l’Europe.

>> A lire : Syrie : Le Programme alimentaire mondial obligé de suspendre l’aide à 1,7 million de réfugiés

« Jamais le monde n’a été aussi généreux […] mais jamais non plus cette générosité n’a été aussi insuffisante », a déploré, ce dimanche, Kristalina Georgieva.

Elargir le cercle des donateurs

Ainsi, l’ONU veut ainsi élargir le cercle des donateurs (seuls cinq pays fournissent actuellement les deux-tiers de l’aide humanitaire publique) et trouver de nouvelles sources de financement. L’idée la plus concrète reste donc cette « taxe de solidarité » appliquée sur certains biens, « sur les voyages aériens ou le carburant et qui pourrait financer des services médicaux » dans les camps de réfugiés ou les zones urbaines abritant de personnes déplacées, suggère le rapport.

L’ONU s’inspirerait ici d’Unitaid, cette ONG qui a persuadé dix pays de prélever quelques dollars sur chaque billet d’avion pour lutter contre le paludisme ou le sida. Bilan : 1,6 milliard d’euros avait été récolté entre 2006 et 2011.

Des contacts ont été pris avec la Fédération internationale de football

Pour Kristalina Georgieva, « il est possible de mettre en place une microcontribution assise sur un énorme volume » de transactions. Et de citer donc en vrac le carburant, les concerts, les films et, surtout, les compétitions sportives, précisant que des contacts avaient été pris avec la Fédération internationale de football (FIFA).

Une autre option est, enfin, de diriger vers les opérations humanitaires une partie des centaines de milliards de dollars brassés chaque année par les institutions financières islamiques. « La finance sociale islamique est un territoire qui n’est pas assez exploré », relève ainsi le rapport. Un rapport qui sera notamment étudié au sommet humanitaire d’Istanbul (Turquie), en mai prochain.