Agressions sexuelles à Cologne: Où en est l'enquête?

ALLEMAGNE Malgré la publication du rapport de police lundi 11 janvier, des interrogations subsistent…

H.S. avec AFP
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Une voiture de police devant la gare de Cologne, l'un de slieux où des agressions ont eu lieu la nuit du Nouvel an
Une voiture de police devant la gare de Cologne, l'un de slieux où des agressions ont eu lieu la nuit du Nouvel an — Oliver Berg/AP/SIPA

Le débat sur la place et l’accueil des réfugiés en Allemagne n’a jamais été si tendu. Douze jours après la vague d’agressions sexuelles et de vols à Cologne le soir du réveillon, les autorités politiques et policières sont désormais tenues de rendre des comptes. Si la publication, lundi 11 janvier d’un premier rapport, présenté par le ministre de l’Intérieur, a permis d’établir un déroulé des faits plus précis, de nombreuses zones d’ombre persistent.

516 plaintes déposées 

Il aura fallu une semaine, et la médiatisation des faits par la presse allemande, pour que les femmes et les jeunes filles, agressées aux abords de la gare centrale de Cologne, déposent massivement plainte.

Au total, 516 plaintes ont été déposées auprès de la police de Cologne et de la police fédérale dont 40 % (237) pour agression sexuelle. Dans 107 de ces 237 plaintes, des faits de vols ont également été dénoncés. Pour les 279 autres, il s’agit de plaintes pour violences physiques et vols, rapporte l’AFP.

Une cinquantaine de suspects identifiés

Deux enquêtes sont en cours, l’une au niveau régional et l’autre au niveau fédéral. La police fédérale a identifié 32 suspects, parmi eux se trouvent 9 Algériens, 8 Marocains, 5 Iraniens, 4 Syriens, un Irakien, un Serbe, un Américain et trois Allemands. 22 d’entre eux sont demandeurs d’asile. Tous sont soupçonnés de vols et de violences.

La police locale a pour sa part identifié 19 suspects, dont 14 originaires du Maroc et de l’Algérie. Quatre personnes ont été placées en détention provisoire pour des faits de vol et non pour les agressions. Par ailleurs, parmi ces 19 suspects, dix sont demandeurs d’asile dont neuf en séjour illégal en Allemagne, selon l’agence DPA.

Des forces de police insuffisantes 

Les autorités ont reconnu la faiblesse des effectifs déployés le soir du nouvel an. Ralf Jäger, ministre de l’Interieur de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, a estimé que l’image donnée par la police de Cologne ce soir-là était « inacceptable ». Les forces présentes auraient dû demander « des renforts d’urgence pour faire face à cette évolution inattendue de la situation ».

Ces manquements dénoncés par plusieurs médias ont précipité la démission du chef de la police de la ville, Wolfgang Albers. Au lendemain des célébrations du nouvel-an, et malgré l’évacuation du parvis de la gare centrale, la police de Cologne évoquait, sur son compte twitter, une nuit « détendue » et un dressait un bilan positif des fêtes de la Saint-Sylvestre.

Le ministre régional a en revanche écarté une critique du ministre fédéral de l’Intérieur, Thomas de Maizière, qui avait affirmé que la police avait évacué la place et ensuite attendu qu’il y ait des plaintes plutôt que de venir en aide aux victimes directement au moment des faits.

Pas de coordination confirmée 

Pour le ministre allemand de la Justice, Heiko Maas, il ne fait pas de doute que les agressions étaient « planifiées ». « Personne ne me fera croire que, lorsqu’une telle horde se retrouve pour commettre de tels crimes, cela n’a pas été coordonné, poursuit le ministre dans les colonnes du Bild-Zeitung. Il semble bien qu’on ait cherché là une date précise et la perspective de vastes rassemblements » pour commettre ces actes.

Mais lundi, un haut responsable policier, Dieter Schürmann, l’a clairement contredit, assurant « qu’aucun élément issu de l’enquête » ne permettait de dire que les événements avaient été « organisés ou pilotés ».

Attaquée pour sa politique d’asile depuis le début de la crise des réfugiés, la chancelière doit donner une conférence de presse ce mardi 12 à la mi-journée, à l’occasion de la visite en Allemagne du Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal.