Irak, début de polémique avec la France

DIPLOMATIE Kouchner a demandé la démission du Premier ministre irakien, qui réagit vivement...

Faustine Vincent

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M. Maliki, un chiite du parti Dawa proche de Téhéran, est de plus en plus considéré à Washington comme incapable d'apaiser les divergences politiques et confessionnelles de la société irakienne, et de ramener le calme dans son pays.
M. Maliki, un chiite du parti Dawa proche de Téhéran, est de plus en plus considéré à Washington comme incapable d'apaiser les divergences politiques et confessionnelles de la société irakienne, et de ramener le calme dans son pays. — Louai Beshara AFP

«La solution au problème (des Irakiens) doit être irakienne», avait affirmé Bernard Kouchner lors de son déplacement inédit à Bagdad la semaine dernière. Le chef de la diplomatie a quand même sa petite idée sur la question et l'a affirmé sans détour hier dans un entretien à l'hebdomadaire Newsweek. «Le gouvernement ne fonctionne pas» et le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki «doit être remplacé».

L'ancien French Doctor ajoute avoir plaidé en ce sens auprès de la Secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice.

Furieux, Maliki, qui avait reçu le ministre français, a aussitôt demandé des excuses à la France. Soucieux d'apaiser ce début de polémique, le Quai d'Orsay a minimisé les propos de Bernard Kouchner, soulignant qu'il avait fait «référence aux débats en cours».

Le Premier ministre irakien, dont le gouvernement est en pleine désintégration depuis la démission de ses ministres sunnites, est sur un siège éjectable. Les Etats-Unis, qui l'avaient d'abord soutenu, veulent aujourd'hui sa tête. Ils lui reprochent son incapacité à réconcilier les chiites, les sunnites et les kurdes, condition nécessaire pour mettre fin aux violences qui déchirent le pays.