«On n'a pas dormi de la nuit»

E. D.

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Le bilan de deux violents incendies qui ravagent le Péloponnèse, dans le sud de la Grèce, s'est alourdi samedi à 41 morts, alors que pompiers et soldats ratissaient la zone à la recherche d'autres victimes.
Le bilan de deux violents incendies qui ravagent le Péloponnèse, dans le sud de la Grèce, s'est alourdi samedi à 41 morts, alors que pompiers et soldats ratissaient la zone à la recherche d'autres victimes. — Haris Karamaneas AFP

L’angoisse et l’impuissance. Alors que les incendies ont fait au moins 51 morts ces derniers jours en Grèce, Irène, une Athénienne de 28 ans, confie à 20Minutes son sentiment. «Depuis quarante-huit heures, nous sommes scotchés devant la télé. On n’a pas dormi, et jusqu’au petit matin, ça brûlait. Toutes les cinq minutes, il y a un nouveau feu.»

«On prend la voiture et on y va»

Athènes n’est pas épargnée par les flammes, mais «seules quelques maisons ont brûlé dans la capitale. Alors c’est plutôt aux autres que les habitants pensent. «On se dit : "c’est horrible, on prend la voiture et on y va". Mais les pompiers recommandent de ne pas approcher. Onze personnes sont mortes comme ça : elles ont voulu porter secours à des habitants et tout le monde a péri. Alors que peut-on faire ?»

Les nuits sont particulièrement angoissantes. «De 21h à 6h30, les avions ne volent plus, car ils ne sont pas équipés pour. Alors on regarde tous les images en espérant que le vent va tourner. Le feu est à un kilomètre des habitations et cinq minutes plus tard, il est sur la maison, et cinq minutes plus tard, tout est brûlé.»

Pyromanes

C’est la troisième fois cet été que le pays est confronté à des incendies importants. «Une des trois collines qui entourent Athènes a brûlé la dernière fois. Il fait 45° à Athènes en ce moment», raconte Irène. Et la température et le vent n’expliquent pas tout. Les feux sont pour la plupart d'origine criminels. «A Athènes, ils ont trouvé un bouteille de gaz et des feux d’artifice. Au Nord, ils ont arrêté deux gamins de onze ans…»

La colère monte parmi les habitants. «Les Grecs ne sont pas foutus de coordonner l’aide, tempète Irène. Rien n’est organisé pour les volontaires et les pompiers stationnent près des grands axes routiers en attendant que le feu arrive. Quant aux avions, la température est trop élevée pour qu’ils survolent les zones.»

Elections

La catastrophe ne va pas être sans conséquence sur les élections législatives qui se tiennent début septembre. «Tous les politiques disaient : entretenir tout ce matériel contre les incendies alors qu’on ne les utilise que deux mois par an, ça ne vaut pas le coup, raconte Irène. En plus, nous n’avons que la télé pour nous informer, je n’ai entendu aucun message officiel. Les chaînes ont mis des numéros verts en place, ce sont elles qui disent aux habitants menacés par quelle route ils peuvent partir. Les politiques, dimanche, ils vont voir ce qu’ils vont voir. Il va y avoir des surprises.»