Libye: Tony Blair a demandé à Kadhafi de partir et de se «mettre en sécurité»

MONDE Le leader libyen refusait absolument de quitter le pouvoir et niait tout problème de sécurité dans son pays....

20 Minutes avec AFP

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Tony Blair, alors Premier ministre du Royaume-Uni, (g) et le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi dans une banlieue de Tripoli le 25 mars 2004
Tony Blair, alors Premier ministre du Royaume-Uni, (g) et le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi dans une banlieue de Tripoli le 25 mars 2004 — JIM WATSON AFP

Dans des retranscriptions inédites de deux conversations téléphoniques entre Tony Blair et Mouammar Kadhafi, on apprend que l'ancien Premier ministre britannique a demandé au leader libyen de partir et de se mettre en sécurité, peu avant sa chute en 2011.

Lors de deux conversations, à son initiative, le 25 février 2011, Tony Blair dit à Kadhafi, en parlant du leader libyen à la troisième personne: «s'il existe un moyen de partir, il devrait le faire maintenant. Il faut qu'il montre qu'il accepte le changement et qu'il se retire pour que ce changement s'opère sans violence».

« Attaqué par des cellules d'Al-Qaida »

«Si vous avez un endroit sûr où vous rendre, vous devriez y aller car ceci ne va pas se terminer sans violence», insiste-t-il, plus direct. «Où doit-il aller? Il n'a pas de mandat», répond Kadhafi en parlant de lui à la troisième personne. «Je n'ai pas le pouvoir ou de mandat, je ne suis pas le président, je n'ai aucun poste à quitter», dit-il plus loin, alors qu'il fait face à une révolte populaire.

Au début de la première conversation, il affirme que son pays est «attaqué par des cellules dormantes d'Al-Qaida en Afrique du Nord, similaires à celle aux Etats-Unis avant les attentats du 11 septembre» 2001. «Nous sommes confrontés à une situation de djihad», ajoute-t-il.

Kadhafi dans le déni

A la fin de la deuxième conversation, il demande à Tony Blair: «Laissez-nous tranquille, nous n'avons pas de problème». Il l'invite à plusieurs reprises à venir voir sur place qu'il n'y a «aucune violence en ce moment à Tripoli».

Ces restranscriptions ont été dévoilées par le Parlement britannique, après que Tony Blair a remis le contenu de ces conversation à la commission des Affaires étrangères après son audition dans le cadre d'une enquête parlementaire le 11 décembre.