Birmanie: Des manifestations inquiètent la dictature

G.G. avec AFP

— 

Une quarantaine de militants pro-démocratie ont manifesté jeudi en Birmanie, le troisième rassemblement de ce type depuis le 19 août contre la hausse des prix du carburant, a constaté une journaliste de l'AFP.
Une quarantaine de militants pro-démocratie ont manifesté jeudi en Birmanie, le troisième rassemblement de ce type depuis le 19 août contre la hausse des prix du carburant, a constaté une journaliste de l'AFP. — Khin Maung Win AFP/archives

Dans un pays tenu de main de fer par les militaires, les trois manifestations qui ont eu lieu en moins d’une semaine dans l’ancienne capitale, Rangoon, contre l’augmentation du prix de l’essence, sont inhabituelles. Une première depuis plus d’une décennie, qui rappelle les événements de 1988. Des milliers de manifestants avaient alors fait chuter le gouvernement du dictateur Ne Win.

Plus de 500 personnes ont battu le pavé dimanche, et mercredi, environ 150 ont manifesté avant d’être dispersés par les gros bras du régime. Ces défilés ont été applaudis sur leur passage par les habitants. L’explosion du coût des transports est devenu insupportable pour les Birmans. Le prix de l’essence a bondi de 66% et celui du diesel de 100%.

Une vingtaine de militants des droits de l'Homme a été arrêté depuis mardi. La plupart font partie du groupe «Génération étudiants 88», en référence au soulèvement du 8 août 1988 en faveur du rétablissement de la démocratie.

«Le régime se sent très fragile»

«Ce régime a tellement mal géré les énormes problèmes économiques que les gens ne peuvent même plus payer les transports en commun. Le régime se sent très fragile et très vulnérable», relève Debbie Stothard, du Réseau alternatif sur la Birmanie de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean). En 1988 également, les manifestations ont débuté sur le thème de la vie chère avant de prendre un tour plus politique… et d’être balayées dans le sang par les militaires.

Une fois de plus, le régime des généraux se retrouve dans le collimateur. Les Etats-Unis ont condamné mercredi une tentative de «réduire au silence» ceux qui oeuvrent pour la démocratie. La figure de proue de l'opposition, Aung San Suu Kyi, est actuellement en résidence surveillée.