L’Iran menace l’Arabie saoudite après l’exécution d’un haut dignitaire chiite

MONDE La tension entre l’Arabie saoudite, majoritairement sunite, et l’Iran, puissance chiite, est montée d’un cran ce samedi après l'exécution d’un chef religieux chiite saoudien…

C.P. avec AFP

— 

La télévision saoudienne diffuse une photo du dignitaire chiite Nimr Baqer al-Nimr exécuté avec 46 autres personnes le 2 janvier 2016
La télévision saoudienne diffuse une photo du dignitaire chiite Nimr Baqer al-Nimr exécuté avec 46 autres personnes le 2 janvier 2016 — Jon Gambrell/AP/SIPA

Des critiques et des menaces. Après l’exécution ce samedi de 47 personnes condamnées pour « terrorisme » en Arabie saoudite, dont le dignitaire chiite Nimr Baqer al-Nimr, Ryad s’est immédiatement attiré les foudres de l’Iran.

Ryad « paiera un prix élevé pour ces politiques »

« Le gouvernement saoudien soutient d’un côté les mouvements terroristes et extrémistes et dans le même temps utilise le langage de la répression et la peine de mort contre ses opposants intérieurs (…) il paiera un prix élevé pour ces politiques », a déclaré ce samedi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Hossein Jaber Ansari, cité par l’agence officielle Irna.

« L’exécution d’une personnalité comme cheikh al-Nimr qui ne faisait que poursuivre des buts politiques et religieux montre uniquement le manque de sagesse et l’irresponsabilité » du gouvernement saoudien, a-t-il ajouté.

>> A lire aussi : L’Arabie exécute 47 personnes dont un important dignitaire chiite

« Cette action provoquera la colère des jeunes »

De son côté, la branche estudiantine de la milice Bassidji, qui dépend des Gardiens de la révolution, l’unité d’élite des forces armées iraniennes, a appelé à une manifestation dimanche après-midi devant l’ambassade d’Arabie saoudite à Téhéran.

Le frère du supplicié, Mohammed al-Nimr, a quant à lui averti des risques de soulèvements. « Cette action provoquera la colère des jeunes » chiites en Arabie saoudite, a-t-il déclaré à l’AFP ajoutant : « j’espère qu’il y aura un mouvement de protestation pacifique ». La journée de samedi va certainement entrer dans « le Livre Guinness des records en matière d’exécutions », a ironisé Mohammed al-Nimr pour qui l’exécution de son frère envoie « un message fort mais négatif ». « Il y aura des réactions négatives à l’intérieur du royaume et à l’étranger mais nous espérons qu’elles seront pacifiques », a-t-il dit à l’AFP par téléphone. Et d’ajouter : « Nous rejetons la violence et l’affrontement avec les autorités tout comme le martyr cheikh (Nimr) ».

Un virulent critique de la dynastie sunnite des Al-Saoud

Le cheikh Nimr était un virulent critique de la dynastie sunnite des Al-Saoud. Il a été la figure de proue d’un mouvement de contestation qui avait éclaté en 2011 dans l’est de l’Arabie où vit l’essentiel de la minorité chiite. Cette communauté, qui se concentre dans la Province orientale, se plaint d’être marginalisée dans ce pays majoritairement sunnite.

Le cheikh Nimr avait été condamné à mort en octobre 2014 pour « sédition », « désobéissance au souverain » et « port d’armes » par un tribunal de Ryad spécialisé dans les affaires de terrorisme.

L’Iran, puissance chiite dont les relations sont tendues avec l’Arabie saoudite, a mis en garde à plusieurs reprises Ryad contre l’exécution de ce chef religieux chiite.

Mots-clés :