400ème exécution au Texas

PEINE DE MORT L'Union européenne demande un moratoire au gouverneur qui refuse...

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La peine capitale a reculé dans le monde en 2006 mais six pays dont la Chine, le Pakistan, l'Irak et l'Iran sont restés à l'écart de cette tendance en concentrant 91 % des exécutions par l'Etat, indique le rapport d'Amnesty International publié vendredi à Rome.
La peine capitale a reculé dans le monde en 2006 mais six pays dont la Chine, le Pakistan, l'Irak et l'Iran sont restés à l'écart de cette tendance en concentrant 91 % des exécutions par l'Etat, indique le rapport d'Amnesty International publié vendredi à Rome. — Paul Buck AFP/Archives

Triste chiffre. Le 400ème condamné à mort au Texas sera exécuté mercredi 22 août à minuit (heure française). Johnny Ray Conner, 32 ans, sera le 21e détenu à être exécuté cette année dans cet Etat. Contrairement à ses habitudes, l'Union européenne a officiellement appelé le gouverneur de l'Etat, Rick Perry, à imposer un moratoire sur la peine capitale. «La sanction étant irréversible, les erreurs judiciaires, inévitables dans tout système judiciaire, ne peuvent être réparées», a observé l'UE, faisant part de ses «profonds regrets».

Il avait fallu moins d'une heure au jury pour reconnaître Rick Perry coupable du meurtre, le 17 mai 1998, d'une employée vietnamienne d'une épicerie de Houston, Kathyanna Nguyen. Et moins de cinq heures pour le condamner à mort.

Si le Texas «respecte nos amis en Europe», tout moratoire est exclu, a fait savoir le porte-parole de Rick Perry, Robert Black.

Manque de preuves selon les avocats


Les avocats de Conner ont demandé à la Cour suprême des Etats-Unis de réexaminer l'affaire et de suspendre l'exécution. Selon eux, les avocats qui le défendaient lors de son premier procès n'avaient pas enquêté sur une blessure à la jambe dont le condamné avait souffert et qui excluait toute possibilité de fuite. Des témoins affirment l'avoir reconnu sortant du magasin.

Ils contestent également des empreintes digitales retrouvées sur une bouteille de jus de fruit, rappelant que d'autres empreintes, appartenant à une tierce personne, avaient également été retrouvées sur le contenant. Ils soulignent également qu'il était impossible de déterminer à quel moment il avait touché l'objet.

En janvier, une cour d'appel avait annulé la décision d'un juge accordant un nouveau procès, estimant que les avocats du détenu n'avaient pas apporté de preuves de la blessure à la jambe.

Il a refusé de parler à la presse ces dernières semaines. Sur un site internet contre la peine de mort, il qualifie sa condamnation à la peine capitale d' «acte de barbarie atroce contre le droit et l'humanité».