Irak : vers le retrait des troupes américaines?

GUERRE Le Pentagone souhaiterait entraîner davantage les troupes irakiennes pour quitter le pays mais George W. Bush souhaite une situation politique stabilisée…

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Venu à Washington dresser un tableau de la situation, le commandant de la force multinationale en Irak, le général David Petraeus, n'a pas édulcoré la difficulté de sa tâche lors de ses rencontres avec des représentants et sénateurs. Mais il a répété jeudi qu'il faudrait attendre septembre pour tirer des conclusions sur le succès ou non de la nouvelle stratégie annoncée en janvier, reposant sur l'envoi en Irak de 28.000 soldats supplémentaires.
Venu à Washington dresser un tableau de la situation, le commandant de la force multinationale en Irak, le général David Petraeus, n'a pas édulcoré la difficulté de sa tâche lors de ses rencontres avec des représentants et sénateurs. Mais il a répété jeudi qu'il faudrait attendre septembre pour tirer des conclusions sur le succès ou non de la nouvelle stratégie annoncée en janvier, reposant sur l'envoi en Irak de 28.000 soldats supplémentaires. — Chip Somodevilla AFP/Getty/Arch.

La question n'est pas de savoir si cela se fera mais quand. Et peut-être dès 2008. Les Etats-Unis pourraient commencer à retirer des troupes d'Irak tout en entraînant les forces irakiennes, a confié un haut responsable militaire américain à l'agence Associated Press.
 
Selon lui, l'Etat-major envisagerait des ouvertures possibles vers la Jordanie et la Turquie afin d'acheminer des équipements et des hommes en dehors du territoire irakien en toute sécurité.
 
Il semble acquis que cinq brigades envoyées à Bagdad cette année soient retirées d'ici l'été prochain mais la Maison Blanche n'a pas encore donné son feu vert à d'autres retraits, comme le souhaitent les démocrates au Congrès. 162.000 hommes, dont 30.000 sont arrivés depuis février pour sécuriser la capitale, se trouvent en Irak actuellement.
 
La décision de retrait incombera finalement à George W. Bush qui avait déjà fait savoir qu'il attendrait que la situation à Bagdad soit stabilisée et que les représentants des différentes communautés se réconcilient avant de procéder à quelque retrait que ce soit. Le gouvernement américain n'entend pas laisser agir seul un gouvernement central boudé - comme c'est le cas aujourd'hui - par les sunnites. Si le Pentagone veut croire en une amélioration de la situation sécuritaire sur le terrain, notamment dans la province d'Anbar, il constate que l'unité politique est loin d'être acquise.
 
Soumis à la pression d'un changement de cap jusqu'au sein du parti républicain, George W. Bush ne devrait toutefois pas décider avant l'audition au Congrès, le 11 ou 12 septembre, du général David Petraeus, commandant en chef en Irak et de Ryan Crocker, ambassadeur à Bagdad.