VIDEO. « Femmes de réconfort »: Accord historique entre le Japon et la Corée du Sud

DIPLOMATIE Les 46 victimes sud-coréennes encore en vie vont être indemnisées par Tokyo...

20 Minutes avec agence

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Les ministres japonais Fumio Kishida et sud-coréen des Affaires étrangères le 28 décembre 2015 à Séoul
Les ministres japonais Fumio Kishida et sud-coréen des Affaires étrangères le 28 décembre 2015 à Séoul — JUNG YEON-JE POOL

Séoul et Tokyo ont conclu, ce lundi matin, un accord visant à régler définitivement leur contentieux sur les « femmes de réconfort », ces 200.000 femmes asiatiques, pour la plupart sud-coréennes, enrôlées de force et contraintes à la prostitution par l’armée japonaise durant la Seconde Guerre mondiale.

Le Japon a ainsi accepté de verser un milliard de yens (7,5 millions d’euros) de dédommagement aux 46 « femmes de réconfort » encore en vie. « Le système des femmes de réconfort a existé, et le gouvernement japonais est pleinement conscient de sa responsabilité », a solennellement déclaré le ministre japonais des Affaires étrangères, Fumio Kishida.

Des excuses du Premier ministre japonais

Il a en outre assuré que le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, exprimait également aux victimes ses « excuses et son repentir, du plus profond de son cœur », selon des propos rapportés par Le Parisien.

Cet accord sera « définitif et irréversible » si le Japon assume ses responsabilités, a pour sa part commenté le chef de la diplomatie sud-coréenne, Yun Byung-Se. Pour clore ce contentieux, Séoul devrait d’ailleurs déplacer la statue symbolisant les souffrances des femmes de réconfort, aujourd’hui située en face de l’ambassade du Japon.

La présidente sud-coréenne intransigeante sur la question

La question des « femmes de réconfort » empoisonnait depuis des décennies les relations entre les deux voisins. Depuis son arrivée au pouvoir en février 2013, la présidente sud-coréenne, Park Geun-Hye, avait même adopté une position intransigeante sur la question, présentant ce différend comme le « plus grand obstacle » à l’amélioration des relations entre les deux pays.

De son côté, le Japon considérait, jusqu’à présent, que cette question avait été réglée en 1965 par l’accord rétablissant les liens diplomatiques entre Tokyo et Séoul et par la reconnaissance de sa culpabilité en 1993.

Cet été, une manifestation sur ce sujet avait eu lieu devant l’ambassade du Japon en Corée du Sud.