Italie: Les linguistes se lancent dans la chasse aux anglicismes

LANGUE Les académiciens italiens veulent dire «ciao» aux mots anglais…

20 Minutes avec agence

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Illustration du drapeau de l'Italie, à Burano, au nord de Venise.
Illustration du drapeau de l'Italie, à Burano, au nord de Venise. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

L’Accademia della Crusca, l’équivalent italien de l’Académie française, n’en peut plus. La présence de mots anglais s’est généralisée dans la langue de Dante et l’institution, avec l’aide de linguistes italiens, a décidé de lutter contre le phénomène.

D’où la création récente d’une police de prévention à laquelle participe le sémanticien Paolo d’Aquile, qui a expliqué dimanche 20 décembre à France Info : « Bien sûr on ne va pas chercher, nous, à imposer des normes. Mais on repère les anglicismes que l’Etat a tendance à utiliser. Des anglicismes naissants. Et avant qu’ils ne deviennent trop répandus, on vérifie qu’il n’existe pas des alternatives en italien. »

Les Italiens prudents sur le sujet

Car en effet, comme en France, les mots anglais sont beaucoup utilisés au sommet du gouvernement italien. Et en particulier par le très moderne président du Conseil, Matteo Renzi, qui a par exemple fait adopter le « job acts » (réforme du travail).

Mais les anglicismes font aussi partie du vocabulaire partout ailleurs dans le pays, au grand désarroi des membres de l’Accademia. « Car sharing » désigne le covoiturage, ordinateur se dit « computere » et les célibataires sont en fait des « singles ».

Comme le rappelle Paolo d’Aquile, « sous le fascisme il y a eu une politique d’exclusion des mots étrangers et cela rend aujourd’hui les Italiens très prudents sur le sujet. Et puis l’Italien est une langue très jeune ». Jeune, et, grâce à l’Accademia della Crusca, avec encore de beaux jours devant elle.