VIDEO. Suisse: Zurich renonce à héberger les migrants dans des cabanes Ikea, «facilement inflammables»

SUISSE La ville avait présenté le jour-même 62 cabanes de 17,5 m2 prêtes à monter, qui auraient pu accueillir 250 migrants à partir de janvier...

M.C. avec AFP

— 

Un prototype de «cabane Ikea» exposé à Genève en 2013.
Un prototype de «cabane Ikea» exposé à Genève en 2013. — HANDOUT / UNHCR / AFP

Les cabanes Ikea cassent la baraque de Zurich. La plus grande ville de Suisse a renoncé vendredi à loger des demandeurs d'asile dans ces maisonnettes conçues par le géant suédois de l'ameublement en kit, car elles sont inflammables.

Le jour-même, la municipalité venait pourtant de présenter 62 cabanes de 17,5 m2 prêtes à monter, qui auraient pu accueillir 250 migrants à partir de janvier. La Suisse se prépare en effet à accueillir 39.000 demandeurs d'asile en 2015, contre 23.800 l'année précédente. Mais quelques heures plus tard, des tests ont montré que ces petites maisons, aux parois en plastique et plafond en matières synthétiques, étaient «facilement inflammables».

Plus de 1200 maisonnettes montées en Grèce cet été

«Nous devons accueillir 40% de demandeurs d'asile en plus en deux mois, donc nous avons dû agir rapidement pour trouver la meilleure solution», s'est défendu Raphael Golta, conseiller municipal aux Affaires sociales, interrogé par la télévision publique suisse RTS.

>> A lire aussi: Le Danemark veut confisquer les bijoux et autres objets de valeur des migrants

Ces petites maisons, facilement montables et peu onéreuses, fruit d'une collaboration entre Ikea et le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), ont déjà été déployées par centaines dans des camps de réfugiés au Tchad, en Ethiopie ou encore en Irak, selon le site internet du projet, «Better Shelter». Depuis cet été, plus de 1200 maisonnettes ont aussi été montées en Grèce pour accueillir le flux croissant de migrants, d'après l'organisation.

Des logements «d'urgence, des solutions temporaires meilleures que des tentes»

Les autorités cantonales suisses avaient demandé une vérification du respect des normes anti-incendie après qu'une étude allemande a mis en doute cette semaine la fiabilité des informations données par le HCR et des experts suédois.

«Si nous décelons des problèmes, alors nous chercherons des solutions», a réagi la porte-parole du HCR, Anja Klug, à l'agence de presse suisse ATS, précisant que ces cabanes étaient des logements «d'urgence, des solutions temporaires (...) meilleures que des tentes.» Le canton d'Argovie (nord), qui envisageait lui aussi d'acquérir ces maisonnettes pour accueillir 300 demandeurs d'asile, a annoncé qu'il recherchait d'autres solutions.