Situation toujours fragile au Pérou

Sa. C. avec AFP

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Un tremblement de terre a fait plus de 500 morts au Pérou, le 15/08/2007.
Un tremblement de terre a fait plus de 500 morts au Pérou, le 15/08/2007. — Reuters

Trouver des survivants et surveiller les répliques à venir. Plus de vingt-quatre heures après le tremblement de terre qui a secoué le sud du Pérou, la situation reste fragile. Les secouristes se sont affairés toute la nuit de jeudi à vendredi pour tenter de retrouver des survivants alors qu’un dernier bilan fait état d’environ 500 morts et 1.600 blessés, selon les pompiers. De leur côté, les autorités semblent impuissantes à ravitailler les 200.000 sinistrés.

Mais le temps presse : vendredi matin, une réplique d'une magnitude de 5,5 a secoué Pisco à 8h19 heure locale, créant une vague de panique dans la population déjà en proie au chaos.

Chaos

Les hôpitaux sont submergés de blessés dans les villes de Chincha et de Pisco, sur le Pacifique. Les capacités des morgues sont dépassées et des cadavres sont rassemblés aux angles des rues. Des dizaines de milliers de sinistrés sont dans la rue en plein hiver, sous des bâches de fortune. Ayant tout perdu, les habitants, souvent les plus pauvres qui vivaient dans des maisons peu solides, campent au milieu des décombres et des cadavres allongés côte à côte, qui n'ont pu être évacués faute de transports.

«La situation a empiré à cause du manque d'eau, de tentes, d'aliments et de médicaments», a déclaré Guillermo Merino, le chef des pompiers de Pisco, dont 70% des habitations ont été ravagées par le tremblement de terre.

Les militaires ont commencé vendredi matin à distribuer des bouteilles d'eau à la population de Pisco où des épaves de voitures écrasées par des blocs de pierre gisent dans les rues, abandonnées, portant parfois des traces de sang sur leurs carrosseries défoncées. «Pisco semble avoir été bombardée, et les dégâts subis par la ville sont désastreux», a déclaré vendredi le président du Congrès péruvien, Luis Gonzales Posada.

La marine militaire péruvienne doit envoyer un navire-hôpital pour secourir les blessés ainsi que deux bateaux chargés d'eau potable. Les premières tonnes de matériels d'urgence sont arrivés la veille dans la zone et le gouvernement a organisé un pont aérien permettant à six avions d'acheminer plus de 30 tonnes d'aide humanitaire.

Solidarité et deuil

L'aide internationale arrive peu à peu à l'aéroport de Lima. La Suisse a envoyé une équipe d'intervention rapide et a débloqué une aide d'urgence de 100.000 francs suisses (70.000 dollars). L'Espagne a envoyé vendredi un avion avec 100 tonnes de matériel humanitaire ainsi qu'une équipe de secouristes.

Plusieurs ONG, dont la Croix Rouge et le Secours populaire, ont lancé un appel aux dons, vendredi, pour faire parvenir aux survivants des produits de premières nécessités.

Le président péruvien Alan Garcia vient de décréter trois jours de deuil national. Il a présenté ses condoléances aux familles des victimes et a déclaré que son pays avait échappé de peu à un désastre. «Heureusement, cela n'a pas provoqué de catastrophe avec un nombre immense de victimes», a-t-il dit.