La saison des ouragans commence tardivement

OURAGAN D'habitude ils sont attendus dès le début du mois de juillet...

M.N

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L'oeil de l'ouragan Dean quitte l'île de la Martinique. Ce cyclone est le quatrième de la saison qui se tient, dans l'hémisphère nord, entre le début du mois de juillet et la fin novembre. «Une saison qui commence tardivement» selon Michel Hontarrede, spécialiste des cyclones à Météo France et qui pourrait être calme. Michel Hontarrede : «il a fallu attendre la fin du mois d'août pour avoir le premier ouragan. Dans une saison normale, à cette période, on en serait déjà au quatrième.»

Eau chaude, atmosphère froide


Comment se forment les tempêtes? Tout commence au large des îles du Cap-Vert et des côtes de l'Afrique noire occidentale. Cette région offre toutes les conditions nécessaires à l'émergence du cyclone: une eau à 27°C sur une épaisseur de 50 mètres. Une mer chaude implique évaporation de l'eau. Les nuages qui se forment au-dessus de l'océan sont de type orageux. En altitude, la différence de pression entre les masses orageuses, basses en pression, et l'atmosphère environnante crée un mouvement tournant. D'où la forme spirale que prend le cyclone aisément reconnaissable sur les images satellites.

Un cyclone est pareil à une dépression. Cette dernière s'étend sur des milliers de kilomètres quand le cyclone est un ensemble nuageux ramassé sur 500 km. Michel Hontarrede : «Pour détecter un phénomène cyclonique, on a recours à des mesures avec des bateaux présents sur place. Les Américains envoient des avions qui lâchent des sondes. Mais un spécialiste peut, en fonction de la forme des nuages, sur une image satellite, évaluer les vitesses des vents et désigner la force du cyclone.»

Réchauffement climatique

A partir de 65 km/h, une perturbation est classée tempête tropicale et elle reçoit un nom. Quand les vents dépassent 120 km/h, le cyclone en question est classé comme un ouragan. Comme le cyclone tire son énergie de la chaleur de l'océan, plus la température de l'eau est élevée, plus le cyclone risque d'être violent. D'ailleurs, une fois que la tempête a quitté la région où elle a pris forme, on remarque que l'eau refroidit. De là à dire que le réchauffement climatique joue un rôle dans le phénomène cyclonique, il y a un pas que les scientifiques ne veulent pas encore franchir. Si l'effet de serre parvenait à réchauffer l'atmosphère alors les cyclones ne se formeraient pas. Car pour avoir un cyclone, il faut une mer chaude mais aussi une atmosphère plus froide. L'existence des ouragans comme Dean montre qu'il existe encore une différence de mercure entre le plancher des vaches et le ciel.

Plus violents

«Cependant, ajoute, Michel Hontarrede, s'il n y aura pas forcément plus de cyclones avec le réchauffement climatique, il se peut qu'ils soient plus violents.» Les derniers exemples d'ouragans dévastateurs datent de 2004, avec Katrina (1.300 morts après son passage sur la Nouvelle-Orléans) et Jeanne (5.000 morts en Haïti). D'ici fin novembre, les météorologistes attendent 15 cyclones. Mais il n'est pas dit que tous se transforment en ouragan. Pour Dean, le voyage continue. Selon les météorologues, il devrait longer Haïti et la République dominicaine. Si il conserve assez de force, il pourra frôler les côtes du Mexique et peut être remonter vers les Etats-Unis.