Diplomatie: Dialogue inédit entre les deux Corées pour tenter d’arracher des concessions

MONDE Les dossiers transfrontaliers et le nucléaire sont au menu des discussions…

20 Minutes avec AFP

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Défilé pour le 70e anniversaire du parti du e leader de la Corée du Nord Kim Jong-Un lors à Pyongyang, le 10 octobre 2015
Défilé pour le 70e anniversaire du parti du e leader de la Corée du Nord Kim Jong-Un lors à Pyongyang, le 10 octobre 2015 — Ed Jones AFP

Journée cruciale pour le réchauffement diplomatique entre les deux Corées. Les deux pays rivaux se retrouvent ce vendredi pour des entretiens à haut niveau qui devraient voir chaque partie tenter d'arracher à l'autre des concessions sur des dossiers transfrontaliers.

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Ce dialogue se tient au niveau des ministres adjoints dans la zone industrielle intercoréenne de Kaesong, située en Corée du Nord tout près de la frontière. Le principe en avait été décidé fin août dans le cadre d'un accord de compromis conclu pour désamorcer des tensions qui menaçaient de dégénérer en conflit.

Signe positif

Le dernier rendez-vous de ce type, consacré à toute une série de sujets intercoréens, avait eu lieu il y a près de deux ans. «Cette fois-ci, le résultat pourrait avoir un impact important sur la voie empruntée l'année prochaine par les relations intercoréennes», a commenté Cheong Seong-Chang, analyste à l'Institut Sejong de Séoul.

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Toute prise de contact entre les deux Etats rivaux est considérée comme un signe positif mais au vu des précédents, les analystes se gardent d'un excès d'optimisme quant à l'issue de ces pourparlers. En juin 2013, les deux voisins s'étaient mis d'accord sur l'organisation de discussions au plus haut niveau. Mais Pyongyang s'était ravisée à la dernière minute pour des questions de protocole.

Reprise des voyages en Corée du sud ?

Le problème le plus délicat est celui du programme d'armements nucléaires de Pyongyang. Séoul peut très bien évoquer ce sujet mais les spécialistes pensent que les deux parties vont s'en tenir à des objectifs plus accessibles. « La dénucléarisation du Nord doit être perçue comme le but ultime du dialogue intercoréen, pas comme un préalable », dit Kim Keun-Shik, professeur à l'Université des études nord-coréennes de Séoul.

Par ailleurs, Pyongyang souhaite que la reprise des voyages organisés sud-coréens dans sa station de montagne de Mont Kumgang. Ces voyages avaient été suspendus en 2008 quand une touriste sud-coréenne avait été abattue par un soldat du Nord. «Kim Jong-Un a besoin de couvrir de cadeaux ses cadres du parti et les responsables politiques, et faire étalage de richesse aux yeux de la population", a commenté Nam Sung-Wook, professeur d'études nord-coréennes à l'Université de Corée.

Rapprochement des familles

De son côté, Séoul veut que le Nord accepte des réunions régulières de familles séparées par la guerre de 1950-1953. Ces réunions sont peu fréquentes. Seul un nombre peu élevé de personnes peuvent y participer, en dépit d'une gigantesque liste d'attente de Sud-Coréens pour la plupart âgés qui désespèrent de jamais revoir leurs proches en Corée du Nord.

Park Yun-Dong, 90 ans, tient une photo de son frère décédé en Corée du Nord et de sa famille, dans son appartement à Ansan, au sud de Séoul, le 16 octobre 2015 - ED JONES AFP

 

Pour la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye, arrivée au pouvoir en promettant de resserrer les liens avec le Nord, un accord sur les familles serait un beau succès. Elle n'a que deux ans avant de finir son mandat et tenter de construire un héritage politique en matière de relations bilatérales.