Fusillade à San Bernardino: L'assaillante pourrait avoir radicalisé son mari

TERRORISME La femme qui a tué avec son mari 14 personnes en Californie aurait fréquenté une école coranique au Pakistan...

20 Minutes avec AFP

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Photo tirée d'une carte d'étudiant de Syed Farook non datée (à gauche), et d'une photo fournie par le FBI de Tashfeen Malik.
Photo tirée d'une carte d'étudiant de Syed Farook non datée (à gauche), et d'une photo fournie par le FBI de Tashfeen Malik. — - AFP

Le parcours de l’assaillante qui, avec son mari, a tué 14 personnes aux Etats-Unis mercredi 2 décembre, comporte encore de nombreuses zones d’ombre. Mais c’est l’école coranique (une madrasa) que Tashfeen Malik a fréquentée au Pakistan qui, elle-même, lève ce lundi un peu plus le voile sur la lente radicalisation de cette femme âgée de 29 ans.

« C’était une fille bien. Je ne sais pas pourquoi elle est partie »

Après des études de pharmacie de 2007 à 2012, Tashfeen Malik s’était inscrite en 2013 à l’Institut Al-Huda dans la ville de Multan. « Un établissement pour les femmes de classe moyenne cherchant à approfondir leur foi musulmane », a indiqué un cadre dudit institut, fondé en 1994, qui précise : « C’est l’une des écoles coraniques pour femmes les plus en vue du pays, qui a également des bureaux aux Etats-Unis, aux Emirats, en Inde et au Royaume-Uni. Cette madrasa n’a pas de lien connu avec des organisations extrémistes, bien qu’elle ait été critiquée pour avoir diffusé une idéologie proche de celle des talibans selon ses détracteurs ».

En 2013, Tashfeen Malik y suivait plusieurs cours dont un de traduction du Coran. Mais elle n’a pas terminé son cursus. Une enseignante se présentant comme prénommée « Muqadas » a confirmé qu’elle n’avait pas terminé sa formation : « C’était une fille bien. Je ne sais pas pourquoi elle est partie ni ce qui lui est arrivé ».

>> A retrouver par ici: Daesh félicite «les soldats du califat» pour la tuerie de San Bernardino

« Petit à petit, elle est devenue plus sérieuse et plus stricte »

Selon deux anciennes camarades d’université, Tashfeen Malik a « énormément changé » pendant la période où elle fréquentait l’école coranique. « Petit à petit, elle est devenue plus sérieuse et plus stricte », a indiqué l’une d’elles sous couvert d’anonymat.

Arif Rafiq, expert au Middle East Institute basé à Washington, estime que « la fréquentation d’un tel établissement suggère qu’elle avait embrassé une variante plus moderne mais plus austère de l’islam ». « Cela a pu la rendre plus sensible à l’idéologie d’un groupe terroriste trans-national comme l’Etat islamique », a-t-il indiqué, tout en soulignant qu’il était rare que les étudiants d’Al-Huda deviennent des militants. « La seule fréquentation d’Al-Huda ne répond pas à la question de savoir comment elle a pu faire le saut de musulmane conservatrice voire salafiste à djihadiste », a-t-il ajouté.

« Soldats du califat »

Les enquêteurs soupçonnent la jeune femme, arrivée aux Etats-Unis en 2014 avec un visa de fiancée après avoir vécu au Pakistan mais aussi en Arabie saoudite, d’avoir radicalisé son époux.

Tashfeen Malik et son mari Syed Farook, 28 ans, ont été tués après avoir perpétré la tuerie de San Bernardino. Une tuerie saluée par Daesh, qui a qualifié le couple de « soldats du califat ».