Nazi: Un ex-gardien d'Auschwitz renvoyé devant la justice

HISTOIRE Le bilan judiciaire décrié des criminels du IIIe Reich est marqué par de rares et faibles condamnations

20 Minutes avec AFP

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Auschwitz (Pologne), le 25 juin 2015.
Auschwitz (Pologne), le 25 juin 2015. — Matthias Schrader/AP/SIPA

La traque jusqu'au dernier nazi. Un ancien gardien d’Auschwitz âgé de 93 ans va être jugé en février devant un tribunal allemand pour complicité dans l’extermination d’au moins 170.000 personnes entre 1943 et 1944 dans le camp nazi.

L’homme, un ex-sous-officier SS de Lippe (ouest), est soupçonné d’avoir, entre janvier 1942 et juin 1944, surveillé l’arrivée des convois de déportés. Il est aussi accusé de les avoir sélectionnés, entre ceux considérés comme aptes au travail et les autres, expédiés dans les chambres à gaz.

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Il conteste «avoir pris part aux meurtres»

Un expert l’a jugé apte à comparaître devant le tribunal de Detmold. L’homme, dont l’identité n’a pas été révélée, a notamment accueilli 92 convois en provenance de Hongrie entre mai et juin 1944. Selon l’accusation, il était également au courant des exécutions de masse de prisonniers, régulières au sein du camp, ainsi que de la privation systématique de nourriture et de soins dont étaient victimes les déportés.

« L’accusé a reconnu avoir été en activité à Auschwitz. Il conteste toutefois avoir pris part aux meurtres » de masse qui y ont été perpétrés, écrivait le tribunal en février dernier.

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Un bilan judiciaire décrié

Soixante-dix ans après le procès de Nuremberg (sud), où les plus importants dignitaires nazis ont été jugés, et quelques mois après la condamnation à quatre ans de prison d’Oskar Gröning, l’ex-comptable d’Auschwitz, une douzaine d’enquêtes sont encore en cours en Allemagne contre d’anciens SS.

Ces procédures tardives illustrent la volonté allemande de juger « jusqu’au dernier » les criminels du IIIe Reich, après des décennies d’un bilan judiciaire très décrié, marqué par de rares et faibles condamnations. La semaine dernière, une cour d’appel allemande a ainsi estimé qu’un ancien infirmier d’Auschwitz pouvait comparaître pour son rôle présumé dans la mort d’au moins 3.681 Juifs, gazés dès leur arrivée à la fin de l’été 1944.