VIDEO. Attentat en Californie: Obama s'engage à «vaincre» et à «détruire» Daesh

ETATS-UNIS Critiqué pour sa stratégie de lutte contre le terrorisme, le président américain a tenté de rassurer une Amérique inquiète après la tuerie de San Bernardino...

M.C.

— 

Barack Obama s'adresse aux Américains depuis le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 6 décembre 2015.
Barack Obama s'adresse aux Américains depuis le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 6 décembre 2015. — Saul Loeb/CNP/AdMedia/SIPA

Pour la troisième fois seulement en sept ans au pouvoir, Barack Obama s’est adressé aux Américains depuis le Bureau ovale dimanche. Le lieu, choisi en partie pour son ambiance solennelle (et en partie car la Maison Blanche est déjà décorée pour les fêtes, rapporte le New York Times), convenait à la gravité de la situation.

>> A lire aussi : Les Etats-Unis ne se laisseront pas « terroriser » par la tuerie de San Bernardino

Le président américain, critiqué pour sa stratégie de lutte contre le terrorisme, a tenté pendant treize minutes de rassurer une Amérique inquiète après la tuerie de San Bernardino, qui a fait 14 morts et pour laquelle la piste terroriste est privilégiée. 20 Minutes détaille les grands points de son discours.

Faire face à la menace terroriste

« La menace du terrorisme est réelle, mais nous la vaincrons. Nous détruirons l’EI et toute autre organisation qui chercherait à nous nuire », a déclaré fermement le président américain. Selon un sondage CNN/ORC rendu public dimanche soir juste avant son allocution, 68 % des Américains jugent que la réponse militaire face à Daesh n’a pas été assez agressive. Selon ce sondage, réalisé avant la fusillade de San Bernardino, 60 % des personnes interrogées (contre 51 % en mai) désapprouvent la façon dont le président fait face à la question du terrorisme.

Pas d’intervention militaire « au sol »

Barack Obama a pourtant réitéré que les Etats-Unis ne se laisseraient pas entraîner dans une « longue et coûteuse » guerre au sol en Irak et en Syrie, où une coalition menée par Washington bombarde les djihadistes depuis plus d’un an. Il a rappelé que cette stratégie « ne nous demandera pas d’envoyer une nouvelle génération d’Américains se battre et mourir à l’étranger pour une décennie supplémentaire ».

Rejeter les amalgames

« Le groupe Etat islamique ne parle pas au nom de l’islam. Ce sont des voyous et des tueurs », a déclaré Barack Obama. Reconnaissant que nombre d’Américains se demandaient s’ils faisaient face à « un cancer » sans traitement, le président des Etats-Unis a appelé ses compatriotes à ne pas céder à la peur ou à la tentation de stigmatiser les musulmans, appelant à les considérer comme des alliés plutôt qu’à « les repousser à travers la suspicion ou la haine ».

Un visage humain

L’homme le plus puissant du monde a aussi tenu à poser un visage humain sur cette lutte contre le terrorisme : « En tant que commandant en chef, mon premier devoir est la sécurité de la population américaine. En tant que père de deux jeunes filles qui sont la prunelle de mes yeux, je sais qu’il nous arrive de nous retrouver à des réunions de fête comme celle de San Bernardino. Dans les visages des jeunes gens tués lors des attentats de Paris, nous voyons nos propres enfants. »

>> A lire aussi : 352 fusillades recensées aux Etats-Unis en 2015

La fusillade de Californie en question

Evoquant l’enquête sur l’attentat de San Bernardino, le plus meurtrier aux Etats-Unis depuis le 11 septembre 2001, Barack Obama a souligné qu’il n’y avait à ce stade « aucune indication » que les tueurs, qui disposaient de fusils d’assaut et d’engins explosifs, aient été dirigés par un « groupe terroriste depuis l’étranger ». « Mais il est clair que ces deux personnes avaient suivi la voie délétère de la radicalisation », a-t-il ajouté.

Les appels au Congrès, pour la forme

Une nouvelle fois, le président américain a appelé le Congrès à légiférer pour renforcer le contrôle des armes individuelles, les tueurs de San Bernardino ayant facilement et légalement pu se constituer un véritable arsenal. Mais sans réel espoir d’être entendu : les représentants américains se sont déjà prononcés contre, et il est peu probable qu’ils reviennent sur leur décision avant la fin du mandat d’Obama.