Les infirmières et le médecin bulgares témoignent de leurs tortures

SOFIA C’est ce qu’a annoncé la commission bulgare d'enquête ce vendredi...

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Les cinq infirmières bulgares étaient arrivées en Libye dans les années 1990, après la fin du communisme, espérant mieux y gagner leur vie. Quant au médecin d'origine palestinienne, il habitait en Libye avec sa famille et effectuait un stage à l'hôpital de Benghazi lors de son arrestation.
Les cinq infirmières bulgares étaient arrivées en Libye dans les années 1990, après la fin du communisme, espérant mieux y gagner leur vie. Quant au médecin d'origine palestinienne, il habitait en Libye avec sa famille et effectuait un stage à l'hôpital de Benghazi lors de son arrestation. — Mahmud Turkia AFP/Archives

C’est désormais officiel, les cinq infirmières et le médecin bulgares ont été torturés. Après le récit poignant du médecin juste après leur libération, puis la confirmation du fils du colonel Kadhafi jeudi, les praticiens ont témoigné eux-mêmes, vendredi à Sofia, des séances de tortures auxquelles ils ont été soumis en Libye.

C’est ce qu’a annoncé le jour même la commission bulgare d'enquête, créée après les premières révélations faites par les parents des infirmières au sujet de ces tortures. A leur retour en Bulgarie, les six soignants avaient tous affirmé, lors de différentes interviews, avoir été torturés par la police libyenne notamment à l'aide d'électrochocs pour leur extorquer des aveux confirmant l'accusation - contestée - d'avoir inoculé le virus du sida à des centaines d'enfants dans un hôpital de Benghazi (nord).

Un porte-parole du parquet a déclaré, au retour des six condamnés de Libye, que la justice bulgare «étudiait la possibilité juridique d'ouvrir un procès en Bulgarie, éventuellement en vertu des mécanismes de la Convention des droits de l'Homme de l'Onu». Et ce, malgré le fait que les praticiens ont dû renoncer à poursuivre Tripoli en échange de leur libération.