Grande-Bretagne: Le Parlement approuve des frappes contre Daesh en Syrie

GRANDE-BRETAGNE Les frappes pourraient commencer dès jeudi...

M.C. avec AFP

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Des policiers devant le Parlement britannique durant le vote en faveur de frappes aériennes en Syrie, à Londres le 2 décembre 2015.
Des policiers devant le Parlement britannique durant le vote en faveur de frappes aériennes en Syrie, à Londres le 2 décembre 2015. — REX Shutterstock/SIPA

Après plus de dix heures d’un débat passionné dans une chambre bondée, le Parlement britannique a voté mercredi soir à une confortable majorité en faveur de frappes aériennes en Syrie contre Daesh, répondant aux appels de ses alliés. Les premières frappes ont été effectuées jeudi matin.

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Le vote a été acquis par 397 voix pour, 223 voix contre, avec une majorité de 174 rendue possible notamment par les voix de 67 députés travaillistes, qui se sont joints aux conservateurs du Premier ministre, selon les médias britanniques. David Cameron avait ouvert le débat en plaidant pour que le pays prenne ses responsabilités et soutienne ses alliés, en particulier la France, sous le choc des attentats à Paris qui ont fait 130 morts le 13 novembre.

Missiles Brimstone

« Nous devons répondre à l’appel de nos alliés. L’action que nous proposons est légale, nécessaire et c’est la bonne chose à faire pour la sécurité de notre pays », a-t-il martelé. Selon lui, la contribution militaire du pays pourrait « faire une vraie différence », grâce à l’utilisation de missiles Brimstone notamment. A l’issue du vote, David Cameron a salué sur Twitter « la bonne décision pour préserver la sécurité du pays ».

Le président américain Barack Obama, qui dirige la coalition alliée en Syrie, s’est félicité du vote en soulignant que « depuis le début de la campagne anti-Daesh, le Royaume-Uni a été l’un de nos partenaires les plus précieux ».

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« Ne pas utiliser les erreurs du passé comme excuse à l’inaction »

Le parlement britannique avait une première fois rejeté, en 2013, des frappes aériennes contre le régime de Bachar al-assad en Syrie, échaudé par les opérations en Afghanistan et en Irak en 2003 lancées sous l’ex Premier ministre travailliste Tony Blair. « Nous ne sommes pas en 2003. Nous ne devons pas utiliser les erreurs du passé comme excuse à l’indifférence et à l’inaction », a plaidé David Cameron. Le leader pacifiste du Labour Jeremy Corbyn, bien qu’opposé aux frappes, avait décidé de ne pas imposer de consigne de vote pour éviter une rébellion ouverte de ses troupes, pouvant perdre au passage son autorité de chef de parti.

 

Des manifestants ont hué le résultat du vote des parlementaires britanniques autorisant des frappes aériennes en Syrie, à Londres le 2 décembre 2015. - Tim Ireland/AP/SIPA

Le soutien de l’opinion publique en recul

La veille, David Cameron avait taxé les opposants aux frappes de « sympathisants terroristes ». Plusieurs députés lui ont demandé de présenter des excuses pour ce commentaire, ce à quoi il s’est refusé. Le soutien de l’opinion publique, fort au lendemain des attentats meurtriers à Paris, est en recul : d’après un sondage de l’institut YouGov, publié mercredi, 48 % des sondés soutiennent une intervention en Syrie, contre 59 % une semaine auparavant. La Grande-Bretagne dispose déjà de 8 Tornados GR4 basés à Chypre et d’un nombre indéfini de drones qui participent à des frappes en Irak depuis l’an dernier.

En début de soirée, quelque 200 manifestants se sont allongés par terre devant le Parlement, bloquant toute une rue, pour une action censée simuler la mort de civils sous les bombes britanniques. La décision des frappes ne fait pas l’unanimité dans le pays, et même le quotidien conservateur Times publiait jeudi un éditorial relevant amèrement que la seule justification donnée était « que la Grande Bretagne ne doit pas rester de côté », sans tirer les leçons de l’Irak et la Libye, où une victoire militaire a été suivie du chaos par manque de préparation sur l’après intervention.